Le revenu de base, utopie d’hier, révolution d’aujourd’hui, réalité de demain?

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Revenu de base, allocation universelle ou revenu universel… tous ces termes désignent une vieille idée qui pourrait revenir au goût du jour : verser à chaque citoyen un revenu. Utopique ? Stanislas Jourdan, journaliste et promoteur de l’idée en France, revient sur l’histoire de l’idée, ses fondements économiques et philosophiques, et témoigne de la résurgence de l’idée à travers le monde.

« Sans revenu, point de citoyen » s’exclamait en 1792 le philosophe Thomas Paine du haut de la tribune de l’Assemblée Nationale. La révolution française venait d’éclater, mais Thomas Paine lui, prévenait ses camarades révolutionnaires : la Démocratie ne peut réellement fonctionner que si les citoyens qui la composent sont économiquement libres et disponibles pour la faire vivre.

Réprimé par la Terreur, Paine mourut quelques années plus tard, seul et pauvre aux Etats Unis où il s’exila. Mais l’idée qu’il avait impulsée, celle d’un revenu citoyen garanti, n’a pas arrêté de faire son chemin depuis.

Bien au contraire, l’idée navigue entre les courants de pensée et traverse allégrement les frontières idéologiques et géopolitiques. Keynesiens, libéraux, ultralibéraux, écologistes, philosophes, psychanalystes, entrepreneurs ou artistes, l’idée ne manque pas de supporters de renom : Martin Luther-King, André Gorz, Erich Fromm, Gotz Werner en Allemagne ou encore les prix nobels d’économie Milton Friedman, James Tobin, ou Paul Samuelson… pour n’en citer que quelques-uns.

Si la plupart d’entre eux partagent la conviction que le revenu de base est un moyen radical de combattre (voire anéantir) la pauvreté, chaque courant y apporte une vision et des arguments supplémentaires divers et variés.

Pour les écologistes comme Baptiste Mylondo et les objecteurs de croissance tels Paul Ariès, verser un revenu à chaque individu reviendrait à investir dans l’humain, lui permettant ainsi de rediriger sa force de travail vers une production locale ou le bénévolat… plutôt que les grandes entreprises.

« Oser déconnecter emploi et revenu conduit à reposer la question de l’utilité sociale, de la place de l’emploi dans la société et dans nos vies » explique Baptiste Mylondo. « Ce débat, la gauche doit le mener pour faire face aux offensives libérales, au “travailler plus” seriné par Sarkozy et, plus largement, à la perte de sens de l’emploi de nombre de nos concitoyens » assène-t-il.

Les libéraux aussi

Pourtant, du côté des libéraux aussi, on s’intéresse à la question. Même s’il faut bien l’admettre, les arguments ne sont pas les mêmes. Plutôt que de prendre du recul avec la valeur travail, la droite voit dans le revenu de base plutôt un bon moyen de simplifier les systèmes de redistribution sociale.

En effet, la mise en place du revenu de base pourrait simplement s’effectuer en transférant les budgets sociaux actuels, diminuant au passage drastiquement la complexité des aides accordées, améliorant ainsi la lisibilité du système tout en diminuant la bureaucratie nécessaire pour le faire fonctionner.

Un argument qui fait également mouche auprès des entrepreneurs excédés par les lourdeurs de l’administration, qui se rallient généralement à la cause. Par exemple, le Centre des Jeunes Dirigeants, un influent think tank regroupant 3500 entrepreneurs, avait inséré fin 2011 l’allocation universelle à la tête de ses 12 propositions phares regroupées dans son livret « Objectif Oïkos ».

De plus, puisque le revenu de base est inconditionnel, il serait une réponse simple au phénomène de la trappe à pauvreté. En effet, l’un des grands problèmes de notre modèle social est que les allocations d’assistance engendrent une désincitation à travailler (puisqu’on perd ces aides si d’aventure on trouve un emploi).

Enfin, pour une certaine catégorie de libertariens, que l’on appelle parfois géolibertariens ou libéraux de gauche, le revenu de base serait compatible avec le libéralisme en tant que distribution du capital commun de la société. Selon cette théorie, à l’image de l’air, de l’eau et du domaine public culturel, le capital commun est constitué de ces richesses collectivement créées dont les profits ou l’exploitation ne pourraient être légitimement accaparés par des intérêts privés. Par conséquent, le seul moyen de ne spolier personne est de distribuer les profits du capital commun à tous les co-propriétaires de ces richesses communes : les citoyens.

Vers la fin du travail ?

Pour la branche scientifique, il s’agit davantage d’une nécessité de découpler du moins partiellement les revenus du travail. Les tenants de cette approche, comme Jeremy Rifkin, anticipent un monde où les robots prendront la relève du travail humain… pour notre bien ! Sauf que, s’il y a de moins en moins de travail, comment les gens vont-ils gagner leur vie ?

C’est bien sûr la où le revenu de base intervient. Mais plus qu’un simple moyen de compenser une perte (celle d’un travail), le revenu de base pourrait constituer une véritable reconnaissance d’autres formes de création de valeur que le capitalisme moderne ne reconnaît pas. C’est cette fois la thèse Yann Moulier Boutang, qui, dans “L’économie de la pollinisation”, montre qu’à l’image des abeilles, nous produisons tous par accident des richesses. Dès lors explique-t-il à Télérama, « Le revenu d’existence ne serait pas de l’argent pris dans la poche des fourmis qui travaillent et donné à des gens qui ne feraient rien qu’entrer dans la fourmilière ». Selon lui, le revenu de base n’est donc pas un système redistributif mais une « rétribution de la pollinisation » de chaque citoyen.

Une approche monétaire

Une nuance qui n’est pas sans rappeler une autre approche, celle de la monnaie. Selon la thèse défendue par Stéphane Laborde, dans sa « Théorie relative de la monnaie », pour que l’argent soit réellement un protocole d’échange démocratique, il ne faudrait pas confier le monopole de la création monétaire aux banques, mais faire en sorte que chaque citoyen soit pourvu de la même dose de création monétaire tout au long de sa vie, ce qui concrètement se traduirait par le versement à chaque citoyen d’un revenu de base « financé » par une injection régulière de nouvelle monnaie par la banque centrale, se passant ainsi de toute taxation pour financer le système.

A la manière de Yann Moulier Boutang, le revenu de base n’est donc pas une redistribution par charité ou compensation, mais bel et bien un droit parfaitement légitime au nom de l’égalité des citoyens.

Mais l’approche monétaire n’est pas nouvelle. Déjà dans les années 1930, Jacques Duboin avait dressé un lien entre un revenu de base et la création monétaire. Dans le concept de l’ « économie distributive » qu’il développe, il propose de créer une monnaie de consommation, qui serait détruite au moment de l’acte d’achat, un peu à la manière du système de crédit bancaire, où la monnaie est détruite au moment du remboursement de la dette.

En France, l’idée du revenu de base a notamment été propulsée par l’économiste Yoland Bresson, qui dans Le revenu d’existence ou la métamorphose de l’être social a élaboré une théorie fondée sur la « valeur temps » et qui arrive à des conclusions très proches de celles de Laborde. C’était dans les années 1970. Depuis, Bresson a fondé l’AIRE (Association pour l’Instauration d’un Revenu d’Existence) puis en 1987 le réseau international BIEN (Basic Income Earth Network) avec le belge Philippe Van Parjis, professeur à l’université de Louvain et également un célèbre promoteur du concept d’allocation universelle.

Le BIEN assure notamment la communication entre les différents réseaux de partisans du revenu de base dans le monde, et organise un congrès bi-annuel.

Blocage politique

Pourtant, malgré sa foule de défenseurs, et les multiples arguments économiques et philosophiques qui le justifient, l’idée demeure irrémédiablement ignorée des milieux politiques.

Non que l’idée ne soit pas connue. Elle fait périodiquement l’objet d’allusions par quelques personnalités politiques, comme Christine Boutin, Dominique de Villepin, ou chez les Verts Yves Cochet par exemple et plus récemment encore Christophe Girard, du Parti Socialiste.

Dans les années 90, des mouvements de chômeurs en avaient fait une revendication majeure, et l’idée avait même fait l’objet d’un rapport parlementaire au début des années 2000. « L’idée est parfaitement connue du monde politique » résume Marc de Basquiat, docteur en économie et auteur d’une thèse sur le financement d’une allocation universelle en France.

Elle demeure soigneusement rangée dans la catégorie des « belles utopies » qui verront peut être le jour… mais plus tard, quand la « société sera prête » ou que nous serons « assez riches » pour le financer.

Pourtant, même lorsque son financement est présenté en détail et de manière chiffrée, les politiques font la sourde oreille. « C’est l’utopie des utopies » affirmait Laurent Fabius à un colloque du Centre des Jeunes Dirigeants où l’idée fut argumentée devant les candidats à la présidentielle de 2012, par Marc de Basquiat. Le travail minutieux de ce dernier démontre pourtant qu’il est possible de financer un revenu de base de 400 euros par adulte, sans taxer plus ni toucher aux pensions de retraite ou aux allocations chômage. Une proposition que certains considéreront comme minimaliste, mais qui prouve aussi que l’on peut arriver à financer un revenu de base plus élevé, comme le propose par exemple Baptiste Mylondo (750 €).

Pourquoi tant de résistance, même face à des arguments rationnels et chiffrés ? « L’idée parait trop séduisante » répondent les uns. « S’il suffisait de donner de l’argent aux gens pour résoudre tous les problèmes, cela fait longtemps qu’on l’aurait fait ! » répondent les autres. Bref, le blocage n’est peut être pas tant intrinsèquement politique que… sociétal.

De la radicalité du revenu de base

En fait, la radicalité du revenu de base n’est pas vraiment économique. Il est bien connu des économistes que l’économie repose en grande partie sur le secteur non marchand. Associations, fondations, bénévolat et travail caché (les tâches gratuites effectuées par exemple à la maison) sont autant de systèmes de création de richesses qui échappent à toute logique monétaire. « Si tout cela s’arrêtait, sûrement que le reste de l’économie s’effondrerait quelques jours plus tard » affirme Jean-Marie Harribey d’Attac (pourtant opposé au revenu de base).

En cela, le revenu de base n’est pas vraiment nouveau à l’ère du Keynesianisme et de l’interventionnisme des gouvernements pour tenter de compenser les manques du marché.

« En fait, le revenu de base existe déjà ! » assène Stéphane Laborde sur son blog, « Il est simplement invisible », car distribué de manière opaque et inégale au travers d’allocations diverses et variées, de subventions, de crédits d’impôts et autres composantes du mille-feuille de notre « modèle social ».

Le problème n’est donc pas économique mais résolument intellectuel : il est une chose de distribuer de l’argent par les fenêtres aux électeurs qui crient le plus fort, il en est une autre de donner à tous un revenu sans conditions ni contreparties. Admettre en effet que son voisin mérite tout autant que soi-même une rétribution pour sa contribution à la société nécessite une certaine humilité, ou du moins « d’assumer notre interdépendance », explique la journaliste Mona Chollet dans un riche article paru en 2011 :

Le revenu de base implique de reconnaître les liens de profonde interdépendance qui unissent les membres d’une société, et qui conditionnent cet épanouissement. C’est même l’un de ses traits les plus frappants : il invite à prendre conscience du fait qu’on travaille toujours pour les autres, même si on a l’illusion de travailler pour soi parce qu’on en retire un salaire.

Tout un programme…

Révolution d’aujourd’hui

Faudra-t-il attendre que la majorité fasse cet effort d’introspection pour qu’enfin le revenu de base inconditionnel s’impose comme une évidence ? C’est vrai que le chemin qu’il reste à parcourir avant d’y arriver peut paraître long, mais les signes que l’heure du revenu de base est arrivée se multiplient.

En Allemagne, cela fait déjà quelques années que le débat est bien ancré dans certains partis politiques et plus largement dans le débat politique, grâce notamment à un réseau transpartisan bien organisé et à des initiatives individuelles comme cette pétition adressée au Bundestag par Susanne Wiest, une simple citoyenne allemande, et qui a attiré le soutien de plus de 50 000 citoyens allemands, ou encore le film « Le revenu de base, une impulsion culturelle », réalisé par l’allemand Enno Schmidt et le suisse  germanophone Daniel Hani et dont la version française a été vue plus de 150.000 fois.

Partout où ce film se diffuse, il fait des émules. Dans les blogs, les forums, ou encore sur facebook, d’interminables discussions éclosent. L’idée inflitre également la base militante des partis politiques à gauche (Europe-Ecologie et le Front de gauche notamment) comme à droite (au sein de Debout la République par exemple).

L’Utopie en 3D

Et puis surtout, l’utopique revenu de base existe déjà, sous forme d’expérimentations locales. En Namibie par exemple, depuis 2008 les habitants du village de Otjivero touchent 100 dollars namibiens par mois, versés par une coalition pour l’instauration d’un revenu de base dans le pays. L’expérimentation vise à démontrer au gouvernement que le dispositif fonctionne. Et c’est le cas : le chômage diminue, la scolarité augmente, l’artisanat se développe, la santé des villageois aussi.

D’autres expériences qui ont déjà eu lieu en Amérique du Nord, dans les années 70 ont montré des effets positifs, et ont démonté en pièces les craintes sur l’effet désincitatif sur l’emploi. Dans la ville de Dauphin au Canada, où un dispositif de revenu inconditionnel a été testé pendant plus de quatre ans, le nombre d’heures travaillées n’a diminué que de 1%. Mais surtout d’autres effets inattendus ont également vu le jour : les jeunes ont prolongé leurs études au lieu de travailler, les hospitalisations ont diminué, ainsi que la criminalité.

En Alaska aussi, une forme de revenu de base existe. Depuis 1981, les alaskiens touchent un « dividende de citoyenneté » issu du fruit de la manne pétrolière de l’Alaska. Versé annuellement, le montant du dividende représentait 1174 dollars par personne en 2011, soit quelques mois de salaire. Karl Wilderquist, économiste américain et membre du BIEN s’interroge : « Est-ce un hasard si l’Alaska est le seul État américain où les inégalités sont en recul ? »

Alors, à quand une expérimentation en France ? Le collectif POURS (Pour un Revenu Social) travaille depuis un peu plus d’un an avec des collectivités locales pour tenter de mettre en place un projet. Sans succès jusque-là malheureusement.

Mais un autre type d’expérience pourrait voir le jour depuis l’hexagone. Suivant la théorie de Stéphane Laborde, un groupe de développeurs informatiques tente de créer une monnaie parallèle nommée open UDC.

A l’image des SELs, ou plus précisément de Bitcoin, cette monnaie sans banque créée à partir d’un logiciel P2P open-source, l’ambition est de permettre à quiconque le souhaite d’utiliser le logiciel et de mener une expérience grandeur nature ou bien dans le cercle d’une communauté.

Mais à la (grande) différence de Bitcoin, dans open UDC, les unités de monnaie seraient créées selon les règles définies dans la Théorie Relative de la Monnaie, c’est-à-dire par la distribution d’un revenu de base dont le montant varie en fonction du nombre de participants. Pourquoi croire au succès de ce projet ? Parce qu’il n’y a rien à perdre à le rejoindre : on vous paie pour cela… Et pas besoin d’attendre que les politiciens comprennent !

Le revenu de base, réalité de demain ?

« On est tenté de répondre « oui », car c’est « juste » une question de volonté politique » explique Laurent, un partisan du revenu de base en France, avant de relativiser : « changer de système et abandonner l’assistanat qui enferme les personnes pauvres dans des catégories ne sera sans doute pas aussi rapide que souhaité ».

C’est que les freins psychologiques autant que les blocages politiques vont être difficiles à surmonter. Mais la crise pourrait accélérer les choses, tant il apparaît clairement que l’étau se resserre pour les peuples… comme pour les dirigeants.

Avec un chômage qui atteint mois après mois de nouveaux records en Europe, la précarité  qui augmente, et à mesure que les gains de productivités minent toujours plus les rêves de retour au plein emploi et que le malaise français vis-à-vis des failles de notre modèle social devient de plus en plus insupportable, le revenu de base serait certainement l’une des rares mesures permettant de sortir “par le haut” de cette crise.

Alors, nos décideurs auront-ils la lucidité nécessaire de répondre à l’appel porté par la vision du revenu de base ?

A première vue, on voit mal pourquoi ils s’empareraient de l’idée tant qu’il n’y a pas une forte demande électorale pour celle-ci, voire des millions de gens dans les rues pour la réclamer. Mais Frédéric, qui soutient également le revenu de base, se veut plus fataliste : « le seul intérêt que j’y vois pour eux, c’est de calmer la colère des millions de chômeurs, précaires qu’ils fabriquent, pour éviter un soulèvement concerté et organisé contre ces institutions qu’ils ont aussi fabriquées ».

Voilà une bien maigre motivation… quoique peut-être largement suffisante


Article de Stanislas Jourdan initialement publié le 7 septembre 2012 sur Report Out Loud et adapté avec permission.

Report Out Loud (ROL) est une association qui rend compte des atteintes à la justice sociale en produisant et relayant de l’information. Retrouvez Report Out Loud sur Facebook!

Photo AttributionNoncommercialShare Alike de citizen higgs

Stanislas Jourdan

À propos de l'auteur : Stanislas Jourdan

Coordinateur du mouvement Français pour un revenu de base et membre du comité de citoyens pour l'initiative européenne pour le revenu de base inconditionnel. Aussi éditeur en chef de ce site. Dans une vie antérieure : journaliste.

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17 commentaires

  • phyrezo

    Sep 15, 2012

    Reply

    Beau travail Stan !

  • Cgeek

    Sep 18, 2012

    Reply

    « Il est bien connu des économistes que l’économie repose en grande partie sur le secteur non marchand. »
    Aurais-tu quelques sources à nous donner là-dessus Stan ? Je trouve l’argument plutôt percutant, et j’aimerais pouvoir m’appuyer sur quelque chose pour pouvoir l’avancer. Je ferai aussi mes recherches, mais si tu pouvais nous faire gagner du temps .. merci !

    • Frédéric Bosqué

      Sep 19, 2012

      Reply

      Lipiezt à faire une brillante démonstration sur cette évidence qui consiste à poser que les échanges non marchands représentent 50% de échanges c’est à dire autant que les échanges en monnaie du secteur public et privé réunis :

  • bernard uguen

    Dec 03, 2012

    Reply

    bonjour,
    je voulais vous signaler que la couleur de fonds (vert bouteille) est trop prononcée. C’est difficile à lire.

  • francois plassard

    Dec 05, 2012

    Reply

    Bravo belle synthese qui va me (nous) permettre de communiquer avec ceux qui ne lisent pas plus de trois pages , meme si l’idée est importante !
    Comme j’interviens sur le theme  » que nous apprennent les contes sur nous meme et notre situation actuelle ? », en mélangeant moitié contes et moitié conference, voila un excellent papier que je vais remettre en fin de séance pour inviter à une séance suivante à voir le film allemand « le revenu de base »que j’ai réduit à 47 minutes pour permettre le debat. j’espere que la diffusion de ton article ne pose pas de probleme !
    Pour mémoire j’ai gardé la lettre que francois Hollande m’avait écrit en 1994 sur notre experimentation réussie du  » temps choisi, livre envoyé : « un nouvel art de vivre pour partager le travail autrement  » edition Charles Mayer , préface Albert Jacquard. C’est d’avoir marché trois quart d’heure dans les rue de Clermont Ferrrand ensemble (nous nous sommes perdu de son hotel à la salle d eréunion !) qui m’a valu cette lettre positive car j’ai pu lui expliquer en live le bonheur de tous ceux qui touchaient un cheque de temps choisi de 400€/mois (un revenu d’existence à mi temps ?) pour transformer du travail en oeuvre en Rhones Alpes de 1992 à 1996, puis en Italie à Perrouges les années suivantes. Pierre Laroutourou etait venu à Lyon voir notre experimentation de l’université citoyenne du temps choisi (contrat conseil régional, direction du travail, employeur et salarié candidat volontaire au travail partagé à mi temps) comme Patrick Viveret , comme Alain Lebaube du Monde , Ignacio Ramonet (article et cassettes). Mais tactiquement il vaut peut etre mieux dire que les experiences réussies viennent de tres loin ?
    Peut etre , sauf pour les institutions (de gauche ) qui devraient savoir qu’avec Hascouet secretaire de l’ESS sous Jospin , un projet de loi (écrit par le cominité national de suivi de l’économie solidaire à la demande d’Elisabeth Guigoud) a été prposé à Jospin qui l’avait trouvé (parait il) trop ambitieux. C’etait une marche d’escalier pourtant vers le revenu de base , plus interessant que les 35 heures stressant pour les PME , et sans impot en plus (transfert de charge) !
    Mon regret est de ne pas avoir pu faire venir André Gorz se rentre compte de lui meme à Lyon des externalités positives des projets de temps choisi (sociaux, culturels, écologiques) lesquelles si elles s’exprimaient aujourd’hui rentreraient dans le registre des désamorceurs de violence ou d’initiatives de territoires en transition énergetique. Car je crois au triangle d’or  » Revenu d’existence, monnaies locales complémentaires, initiatives en transition » permettant à la société civile (orpheline de l’Etat et du marché) d’éviter la grande dépression ou effondrement probable d’où peuvent sortir tous les monstres (le pire ) comme le meilleur ( la metamorphose alternative à la revolution sanglante ou à la guerre ) ?
    Requestionner l’emploi comme le fait le RIE, et requestionner la création monetaire et son role (monnaies de consommation de Duboin ?)me paraissent incontournable si de hasard nos intitutions preferaient la metamorphose !
    L’impuissance du politique , l’arrogance des nouveaux riches , la trahison des élites incapables de produire des récits qui font sens en échange des sacrifices (austerités) qu’elles demandent ….pourraient -ils engendrer un saut de conscience favorable : faire du revenu d’existence une sortie par le haut , comme tu le dis stan ? La premiere idée politique du 21 eme siecle pour réussir sa vie plutot que réussir dans la vie ?
    Bravo stan pour cet article
    francois Plassard
    chercheur en incompletude
    coinitiateur des sels et des jardins de cocagne
    favorable à un appel à histoires de la vie courante (eco fiction) : inventer le présent à partir du futur, montrant la metamorphose sociétale engendrée par le RIE, les monnaies locales comlémentaires (qui pourraient en payer 30% ?) ,et les initiatives ou nouveaux modes de vie en transition.

  • Véronique DeLiège

    Dec 09, 2012

    Reply

    Mon avis; Un revenu de base de 800 € est vraiment un minimum pour une personne seule en incapacité de travail. Quant à donner un revenu de 400 € à chaque enfant inciterait certaines familles à se . . disons  » multiplier inconsidérément !! »
    Dans l’ensemble, cela me parait un système intéressant, merci pour cette publication, je visionne le film dès que possible et diffuse dès maintenant :) et relirai aussi :)

  • Alex

    Dec 10, 2012

    Reply

    Bon je crois que je suis un peu en retard… ? Mais je viens juste de découvrir cet article… Et il m’intéresse Bcp…
    Cela me fait penser à un site que j’ai visité et qui va Dans le meme sens : http://www.pardism.org Car effectivement aujourd’hui à fin 2012, nous avons la possibilité de faire faire presque tout le « travail » par des robots et j’ai lu Plusieurs commentaires et articles Positif, sur internet qui vont dans ce sens, c’est Génial. par exemple un article de déc 2011 sur Agoravox.fr : http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/vivre-sans-travailler-c-est-106601 Mais le Paradisme va bcp + loin il est aussi partisan de supprimer l’argent, ce qui du meme coup supprimerait la violence de ceux qui en veulent toujours + en écrasant les « gentils travailleurs »… Faisons faire le « Travail » par des robots et Partageons les revenus entre Toute la Population et non juste dans la poche des banquiers et de leurs actionnaires. Bonne réflexion à tous Et Vive La Vie Harmonieuse et pleine de Plaisirs Partagés… :)
    Alex

  • Reply

    [...] anglais Basic Income etc. Des réseaux mondiaux de ses promoteurs se sont organisés, par exemple revenudebase.info ou, en anglais, Basic Income Earth Network [...]

  • Elisabeth Di Zuzio

    Jan 09, 2013

    Reply

    Cet article est tout simplement splendide.
    Comme je suis une des rédactrices de langue française du site de BIEN-Suisse, je voudrais l’y publier – j’écrirai une petite introduction, puis je joindrai l’article en pdf, comme nous le faisons d’habitude dans la rubrique « media »
    Mais je ne suis pas un crack en informatique…pourriez-vous m’envoyer cet article en pdf ?
    Elisabeth

  • Nicole Pradalier

    Jan 15, 2013

    Reply

    Bonjour,
    Et merci pour cet aperçu à propos du « revenu de base » ou « revenu d’existence » ou encore « dotation inconditionnelle d’autonomie » et je mettrai, malgré ce qu’en a dit Frédéric Bosqué, le « salaire à vie » de Griot à peu près dans la même perspective.
    François Plassard et Frédéric Bosqué connaissent ma proposition qui est autre, bien qu’elle s’appuie sur les mêmes principes, à savoir le capital richesse dont a besoin tout individu qui arrive au monde, ce capital étant créé par les générations précédentes et renouvelé et/ou augmenté par tout un·e chacun·e.
    Ma proposition c’est le « revenu temps choisi » que j’appelais « revenu temps libre » dans ma proposition intitulée « Révolution tranquille » en 2007 sur le site de S. Royal « Désirs d’avenir ».
    La différence avec tous les précédents c’est que ce revenu Temps choisi représente un véritable changement de société et surtout un changement du système économique. En effet, bien que ce même revenu soit en effet prévu budgétairement pour tous et toutes dans la politique économique d’une collectivité (qu’elle soit étatique, régionale ou fédérale) il n’est alloué qu’à partir d’un certain âge et à partir d’un choix individuel dont la contre-partie est une inscription d’activité (l’activité pouvant être de service, de recherche, de formation ou de production) faisant ainsi bénéficier la collectivité de la richesse produite. Le bien-être et la réflexion étant une production de richesse en effet, comme dit plus haut.
    Mais c’est en effet un profond changement sociétal puisqu’il implique non seulement une gestion consciente de sa liberté mais également une conscience de ses responsabilités, ce qui, à terme, devrait aboutir à l’élimination des activités qui empoisonnent la planète et les individus.
    Par ailleurs, la conception de ce nouveau système oblige à repenser l’éducation bien sûr mais aussi le système pénitenciaire et la justice. Il y a du travail mais ce n’est qu’une vue à long terme pour mobiliser nos énergies communes.
    L’excellent article de Stanislas montre bien l’incomplétude de pensée du revenu de base auquel tout le monde peut adhérer dans l’état actuel de conscience politique parce que, ne réformant en rien le système économique pourvoyeur de destruction et de misère généralisée (y compris morale), il ne fait que remettre en cause les certitudes morbides qui génèrent la sécurité des un·es et l’insécurité des autres. Et les certitudes, même morbides, peuvent être des socles sur lesquels l’humain se repose tant que ne lui est pas apparue une nouvelle vision vers laquelle peut tendre un espoir de certitudes.
    Le Revenu Temps Choisi (équivalent au revenu médian) présente au contraire une possibilité nouvelle pour une société jamais tentée encore et qui ne peut l’être que maintenant grâce à la technologie communicationnelle en particulier, qui est d’envergure mondiale et de possibilité instantanée.
    C’est pourquoi une telle économie ne peut se mettre en place que couplée à un consensus éthique. C’est aussi pourquoi un mouvement politique était nécessaire à créer autour de cet axe.
    C’est ce que j’ai fait en 2009 après en avoir parlé à François Plassard qui avait justement apprécié mon idée de revenu Temps choisi et celle des dix principes éthiques. Mais c’est aussi après avoir vu à la tribune de Sciences Po à Toulouse les têtes de listes Sud Ouest dont l’indigence de vue, de réflexion et de répartie m’a profondément affligée et autant Mélanchon que Bové, les seuls pourtant desquels je pensais qu’il y avait quelque chose à attendre.
    En quatre jours, une liste a été montée aux Européennes 2009 présentée dans le Centre Massif Central, sans un centime de budget et donc sans bulletin bien sûr et sans qu’aucun candidat ou candidate ne soit inscrit·e dans cette circonscription. La liste a pourtant eu 24 voix (les gens ont produit leur propre bulletin par ordinateur car il est possible en effet maintenant de faire son propre bulletin chez soi sans attendre les préimprimés par les partis via la poste ou les bureaux de vote.) Ce sont les 24 de Bourges que je serais curieuse de connaître. Ils et/ou elles sont une lueur d’espoir comme les 24 heures d’une journée!
    Je propose de fonctionner de la même façon pour 2014. Il suffira de réunir un nombre suffisant de candidat·es pour être présent·es dans tous les pays européens. Le changement pourrait donc se dessiner sérieusement, consciemment et politiquement à partir de 2014. J’avais pris soin de demander le même revenu équivalent au revenu médian européen pour les député·es. Il est en effet indispensable de prévenir toute vampirisation de la politique pour qu’un idéal ne soit pas bêtement mis à mal par la bêtise et l’égoïsme réunis.
    Je me permets de donner l’adresse de mon blog ici car j’ai cru comprendre qu’il n’apparaissait pas automatiquement vu la demande d’un commentateur qui voulait me joindre: http://contre-la-precarite-et-le-sexisme.blogspot.com
    Dans l’article « Pieds sur terre et tête en chef », le développement du revenu temps choisi (RTC) apparaît à partir de la page 19 au chapitre « Termes du programme ». Il va de soi que la réappropriation de la monnaie est un préalable à la mise en place du système. Réappropriation par la collectivité qui aura choisi démocratiquement de faire le saut. Le film de P. Derruder permet de visualiser la chose. Merci à lui qui me permet du coup de proposer un autre nom encore au mouvement, du genre l’île B ou vers l’île B (VIB) ou pour l’île B (PIB)! tout cela pour changer un peu de mon premier PCPS (Programme Contre la Précarité et le Sexisme) qui est devenu le 1er janvier 2012 Forces d’Union pour l’Egalité et la Liberté (FUEL), l’énergie commune qui permet la dynamique de l’ensemble!
    Merci!
    Et merci bien sûr à ou aux initiateur(s) ou initatrice(s) du site qui permet ces échanges que j’espère constructifs.

  • Nicole Pradalier

    Jan 18, 2013

    Reply

    Comment se fait-il que mon commentaire ait été censuré?
    On n’a pas le droit de manifester une opinion qui va trop loin dans la remise en question du système actuel c’est ça?
    Me reste plus qu’à me flinguer alors, si les rares gens que je croyais être honnêtes ne le sont pas.

  • Hélène

    Jan 22, 2013

    Reply

    J’adhère complètement à l’idée depuis longtemps. Je voudrais témoigner sur l’idée de travail : Je fais parti et je vis dans un milieu « précaire », tout au plus smicard, et j’ai déjà évoqué avec diverses personnes la question de l’intérêt du travail (est-il vraiment nécessaire qu’il y ai quelqu’un à la caisse de la pompe à essence alors que le robot fait très bien le boulot?), en général on me répond « mais ça fait des emplois! ». Et là c’est vraiment le serpent qui se mord la queue : ne concevoir un emploi que pour sa simple existence et non plus pour l’apport qu’il pourrait avoir au niveau social ou même individuel. La réflexion s’annonce longue…

  • Edwige Devillebichot

    Jan 29, 2013

    Reply

    Etre sans emploi est une réalité si difficile et douloureuse à vivre. Dés que l’on descend au point de bénéficier des minimas sociaux et des aides sociales, on sent peser un joug si lourd que bien souvent on doit prendre des anxiolytiques ou psychotropes abondamment prescrits. Un des moyens d’augmenter un petit peu des « revenus » est de se faire porté handicapé, dépressif : inapte au travail. C’est atroce. La population active considère que c’est avec SON argent que l’on apporte de l’aide à des gens qui sont pas responsables de leur inemploiement. C’est très injuste et terriblement destructeur.

  • Reply

    [...] Bron: http://revenudebase.info/2012/09/revenu-base-utopie-revolution-realite/ [...]

  • JC

    Mar 05, 2013

    Reply

    Au premier abord, le revenu universel apparaît comme une solution pertinente aux problèmes du chômage, de la pauvreté et des inégalités. Au lieu de me focaliser sur le montant de ce revenu et les moyens de le financer, je me suis intéressé aux conditions de production des biens et services destinés à satisfaire les besoins essentiels. Cette analyse fait apparaître, qu’au lieu de garantir et de sécuriser la satisfaction des besoins essentiels, ce revenu risque de rendre la satisfaction de ces besoins plus aléatoire.

    http://www.mouvementpourundeveloppementhumain.fr/pourquoi-le-revenu-universel-menacerait-il-la-satisfaction-des-besoins-essentiels/

  • Etienne

    Mar 25, 2013

    Reply

    En quoi le revenu de base va-t-il améliorer la balance commerciale de la France ou de l’Union Européenne ?
    En quoi va-t-il réduire la dette extérieure colossale de la France ou de l’Union Européenne ?

    Il faut se poser ces très sérieuses questions avant de se lancer dans une expérimentation à grande échelle.

    @Alex : supprimez donc l’argent, il reviendra au galop ! Vouloir bannir l’argent pour établir la justice sociale, c’est bien mal comprendre sa fonction et le fonctionnement humain.

  • Vince

    Mar 25, 2013

    Reply

    Une partie de la société devra travailler pour tous les autres comme au moyen âge, ça s’appelle un privilège.
    La révolution française: abolition des privilèges.

    Cette idée que tous le monde à droit sans avoir aucun devoir envers la collectivité est une idéologie mais pourquoi n’a telle jamais fonctionné dans l’histoire: les sociétés qui les plus faibles ont tout simplement disparues ou plutôt ont été conquises et absorbées par les autres (les Romains conquirent la Gaules, les colons Anglais l’Amérique …)

    Le fait de recevoir un revenu automatique de l’état a forcément une contre partie: celle de ne pas critiquer le système.
    c’est tout simplement une forme d’esclavage , donnez moi mon pain et vous aurez ma liberté.

    Quand aux prétendues expériences positives je constate que vous ne citez pas d’études qui montrent la corrélation la mise en place de ce système et des prétendus résultats positifs. Il existe des tas de facteurs prépondérant sur l’économie les effets positifs n’ont pas nécessairement lien avec cette mesure d’autant que les pays qui l’ont mis en place l’ont forcément fait dans une période de croissante.
    « hier je me suis levé 1 heure plus tard et il faisait beau, j’en conclu que se lever 1h plus tard provoque un temps plus clément »
    Je constate aussi que Dauphin-ville au Canada a arrête cette allocation.

    Ce revenu sera financé par qui? par ceux qui travaillent?
    vous restez évasif quand au financement , aucune estimation.

    votre théorie fonctionne par ce que nous postulez implicitement que ne sommes pas menacé directement d’attaque extérieur et que ce sera toujours le cas. et donc que l’on peut créer une société oisive.
    Que sont les pays qui n’ont pas d’armée? ou de puissance économique?
    ils deviennent des satellites d’autre puissance, la liberté ça se paie l’esclavage c’est gratuit.

    Les Khmer rouges avaient une Utopie, c’est devenue une barbarie.

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