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	<title>Réseau français pour le revenu de base &#187; Opinions</title>
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	<description>Et vous, que feriez-vous si votre revenu était garanti?</description>
	<lastBuildDate>Mon, 20 May 2013 12:21:32 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Le revenu de base n&#8217;est pas un outil de lutte contre le chômage</title>
		<link>http://revenudebase.info/2013/04/revenu-base-pas-outil-lutte-contre-chomage/</link>
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		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 10:11:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Eric Hyafil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Chômage]]></category>
		<category><![CDATA[exclus]]></category>
		<category><![CDATA[intégration]]></category>
		<category><![CDATA[pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Pour le doctorant en économie Jean-Éric Hyafil, l'objectif premier du revenu de base n'est pas de lutter contre le chômage mais de pouvoir se désaliéner du travail.</p><p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/04/revenu-base-pas-outil-lutte-contre-chomage/">Le revenu de base n&rsquo;est pas un outil de lutte contre le chômage</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><strong>Pour Jean-Eric Hyafil, doctorant en économie, le revenu de base n&rsquo;est pas un outil de lutte contre le chômage mais un moyen de &laquo;&nbsp;libérer le travail&nbsp;&raquo; et des contraintes de la logique du profit maximal. Les premiers bénéficiaires seraient les personnes déjà intégrées dans le marché du travail, qui pourraient décider de travailler moins ou mieux.<br />
</strong></p>
<p align="JUSTIFY">De nombreux défenseurs du revenu de base le revendiquent au nom de l’idée que l’on ne pourra jamais vaincre le chômage. Ils s’attirent alors les foudres de ceux pour qui le travail est le seul biais d’intégration sociale. Les partisans du revenu de base « <em>sous-estimeraient les facteurs substantiels, certes, traditionnels, de socialisation et d’insertion, au point de vouloir substituer une &laquo;&nbsp;</em>société d’indemnisation<em>&nbsp;&raquo; au système défaillant de l’emploi, avec à la clé un &laquo;&nbsp;</em>droit au revenu<em>&nbsp;&raquo; prenant désormais la place du &laquo;&nbsp;</em>droit au travail<em>&laquo;&nbsp;</em>», estime<a title="jean marc ferry, allocation universelle" href="http://www.amazon.fr/Allocation-universelle-pour-revenu-citoyennet%C3%A9/dp/2204052051"> Jean-Marc Ferry</a>. « <em>Le revenu social se présente</em><span style="font-family: Cambria,serif;"><em>[</em></span>rait alors<span style="font-family: Cambria,serif;"><em>]</em></span><em> comme une enclave au sein de la rationalité économique dont il tente de rendre supportable la domination sur la société</em> », disait André Gorz en 1988, avant de se rallier finalement au revenu de base dix ans plus tard.</p>
<p align="JUSTIFY">Ce débat dure depuis une trentaine d’années et a fait couler beaucoup d’encre. <strong>Ma position est que le revenu de base n’est pas une réponse au problème du chômage et qu’il ne doit pas être présenté comme tel.</strong> Il ne doit pas être pensé comme une indemnisation que l’on offre aux chômeurs pour ne plus avoir à chercher de travail. Il doit au contraire être présenté comme un outil qui s’adresse à ceux qui ont accès à l’emploi, mais qui pourraient alors choisir de réduire leur offre de travail et de développer leur propre activité.</p>
<h3>L&rsquo;emploi sacralisé comme seul moyen d&rsquo;intégration sociale</h3>
<p align="JUSTIFY">Les défenseurs de l’intégration par le travail ont en partie raison. Nous ne pouvons pas sonner le glas du travail, qui continue à jouer un rôle indispensable non seulement pour produire les richesses dont nous avons besoin, mais aussi pour intégrer socialement.</p>
<p align="JUSTIFY">Cependant, les partisans du revenu de base ont raison de critiquer la forme que revêt le travail dans nos économies capitalistes, celui qu’André Gorz a appelé le travail-emploi : ce travail aliéné qui ne donne aucune autonomie au travailleur ni dans la définition de ce qu’il faut produire, ni dans la façon dont il le produit. Ainsi le travailleur abandonne à son employeur, et donc à la logique du marché, le choix de ce qui doit être produit, avec les conséquences écologiques et sociales que chacun connaît concernant l’expansion continue de la logique marchande. <strong></strong></p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Lorsque l’emploi est sacralisé comme seul moyen d’intégration sociale, alors tout ce qui crée de l’emploi est vu comme un progrès, même si cela se fait au détriment du développement personnel ou social </strong>: vendre des jouets idiots qui réduiront la capacité des enfants à développer leur inventivité, faire de la publicité pour les jeux d’argent, promouvoir l’implantation d’un centre commercial pour vendre à des ménages modestes plus de gadgets et de vêtements qu’ils n’ont besoin, promouvoir l’implantation d’un parc d’attraction qui &laquo;&nbsp;vend du rêve&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est-à-dire produit du désir chez des enfants et accroît la frustration de ceux qui ne peuvent en payer le prix, etc.</p>
<h3>Le revenu de base : un moyen de libérer le travail&#8230;</h3>
<p align="JUSTIFY">Dès lors, le revenu de base ne remet pas en question le droit au travail. Au contraire, il doit permettre de libérer le travail des contraintes que lui impose la logique du profit maximal, et par là de transformer la « <em>sélection sociale des activités utiles</em> » jusqu’ici dominée par les logiques du marché et secondairement de la puissance publique.</p>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/04/51NkpdxdkjL.jpg"><img class="alignright  wp-image-3348" title="51NkpdxdkjL" src="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/04/51NkpdxdkjL.jpg" alt="" width="208" height="300" /></a>Premièrement le revenu de base doit <strong>permettre à chacun d’avoir plus de latitude pour choisir son activité</strong>. <a title="jean march  ferry, allocation universelle" href="http://www.amazon.fr/Allocation-universelle-pour-revenu-citoyennet%C3%A9/dp/2204052051">Selon Jean-Marc Ferry</a>,</p>
<blockquote>
<p align="JUSTIFY"><em>son intention philosophique est de former la liberté positive d’initier des activités socialement utiles, même si elles sont faiblement rémunérées par le système économique, et par là de restaurer les capacités autonomes d’insertion sociale. Autrement dit, il ne s’agit pas de se débarrasser des exclus en leur assurant matériellement le minimum nécessaire (ce qui serait déjà un progrès), mais de restaurer des perspectives pratiques, en les libérant de l’angoisse du lendemain </em>.</p>
</blockquote>
<p align="JUSTIFY">André Gorz rejoint par ailleurs cette perspective:</p>
<blockquote>
<p align="JUSTIFY"><em>L’allocation universelle d’un revenu suffisant ne doit pas être comprise comme une forme d’assistance, ni même de protection sociale, plaçant les individus dans la dépendance de l’État providence. Il faut la comprendre au contraire comme le type même de ce qu’Anthony Giddens appelle une &laquo;&nbsp;</em>politique générative<em>&nbsp;&raquo; (generative policy) : elle doit donner aux individus et aux groupes des moyens accrus de se prendre en charge, des pouvoirs accrus sur leur vie et leurs conditions de vie. Elle doit non pas dispenser de tout travail mais au contraire rendre effectif le droit au travail : non pas au « travail » qu’on a parce qu’il vous est « donné » à faire, mais au travail concret qu’on fait sans avoir besoin d’être payé, sans que sa rentabilité, sa valeur d’échange aient besoin d’entrer en ligne de compte</em>. » (André Gorz, 1997, p. 138)</p>
</blockquote>
<h3>… et donc de transformer la &laquo;&nbsp;sélection sociale des activités utiles&nbsp;&raquo;</h3>
<p align="JUSTIFY">Le travail étant libéré de la contrainte du revenu, <strong>il est attendu qu’un plus grand nombre d’individus choisiront de s’orienter vers des activités non-marchandes vectrices d’une richesse autre que celle issue de la logique marchande</strong>. Pour reprendre l’exemple de l’éducation, avec un revenu de base, plus d’individus seraient prêts à donner du temps à des activités d’éducation populaire, d’enseignement artistique ou d’éducation sportive, même si cela doit leur apporter un revenu moindre. Ces formes d’éducation pourraient progressivement se substituer à celles qui ont émergé avec l’essor des jouets gadgétisés, des jeux vidéo et des parcs d’attraction<sup>1</sup>.</p>
<p align="JUSTIFY">De même, idéalement, les citoyens auraient plus de marges pour s’organiser collectivement afin de répondre à certains besoins collectifs ou améliorer leur cadre de vie : organisation de systèmes de garde d’enfant ou d’éducation partagée, entretien et amélioration du cadre de vie, services collectifs divers, organisation d’événements festifs, participation à la démocratie locale, etc.</p>
<h3>Les chômeurs vont jouer à la Playstation</h3>
<p align="JUSTIFY">Cependant, lorsqu’on leur présente ce tableau, les défenseurs de l’intégration par le travail-emploi ont alors une réponse qui peut nous mettre en difficulté :<a title="MONA CHOLLET REVENU DE BASE" href="http://www.peripheries.net/article326.html"> les chômeurs d’aujourd’hui n’ont pas la volonté ou les capacités</a> de s’organiser individuellement ou collectivement pour répondre à ces besoins sociaux. « <em>Un reproche récurrent adressé au revenu de base le qualifie d’utopie élitiste, imaginée par des bobos et des intellos ne tenant pas compte du fait que certaines classes sociales seraient moins bien armées pour faire face à cette liberté nouvelle</em> ». Quand ce raisonnement est <a title="NICOLAS baverez chômeurs" href="http://www.acrimed.org/article1297.html">poussé à l’extrême par Nicolas Baverez</a>, il y a l’idée que pour les couches les plus modestes, « <em>le temps libre, c’est l’alcoolisme, le développement de la violence, la délinquance</em> ».</p>
<p align="JUSTIFY">Sans aller aussi loin que Nicolas Baverez, je pense qu’il faut reconnaître que ce n’est pas parce que l’on va mettre en place un revenu de base que les individus les plus exclus socialement vont subitement décider de mener des activités collaboratives ou bénévoles pour améliorer le bien-vivre dans leur quartier. Oui, avec le revenu de base, il y aura des individus qui passeront leurs journées devant leur TV ou leur Playstation et/ou dealeront de la drogue. Notons qu’ils le font déjà sans revenu de base.</p>
<h3>L’erreur des défenseurs du revenu de base</h3>
<p align="JUSTIFY">Certains supporters du revenu de base se défendent en contredisant frontalement cette idée, en rétorquant que si ces individus agissent ainsi, c’est parce qu’ils ont subi les humiliations de la société du travail, et que l’autonomie que leur donnera le revenu de base leur permettrait de se reconstruire un projet positif. <strong>En niant le fait que l’exclusion sociale repose aussi sur des ressorts psychologiques bien installés chez certains individus à tel point qu’ils revêtent une dimension quasi-culturelle, les supporters du revenu de base font preuve d’une certains forme d’angélisme et de naïveté qui porte préjudice à leur combat.</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Cet angélisme est le résultat du processus intellectuel qui part de l’idée selon laquelle le revenu de base est une réponse à l’impossibilité de venir à bout du chômage. Si l’on commence par présenter le revenu de base ainsi, alors ajouter que le revenu de base donne de l’autonomie à chacun pour choisir son activité conduit à défendre l’idée que les chômeurs ont tous la capacité de tirer le meilleur parti de cette autonomie.</p>
<h3>Le revenu de base cible les individus les plus intégrés</h3>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/04/baptiste-mylondo-un-revenu-pour-tous.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-3264" title="baptiste-mylondo-un-revenu-pour-tous" src="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/04/baptiste-mylondo-un-revenu-pour-tous.gif" alt="Un revenu pour tous. Précis d'utopie réaliste, par Baptiste Mylondo Coll. Controverses, éd. Utopia, 2010, 108 p., 5 euros." width="165" height="241" /></a>Dire que le revenu de base est une réponse aux besoins des exclus est une erreur conceptuelle et politique. Ce n’est pas l’objectif du revenu de base. Le revenu de base s’adresse en premier lieu aux individus intégrés socialement et qui en plus ont une conscience citoyenne aiguë.</p>
<p align="JUSTIFY">Il doit justement leur permettre de se libérer – totalement ou en partie – de leur travail-emploi (surtout lorsque celui-ci ne correspond pas à leurs valeurs) pour s’adonner plus fortement à des activités auxquelles ils accordent une valeur plus importante. Ce sont eux qui sont le plus à même de développer ces activités de proximité vectrices de richesse sociale, et non pas les individus les plus exclus.</p>
<p align="JUSTIFY">Ainsi, si le revenu de base doit permettre à une élite citoyenne de développer les activités vectrices d’une nouvelle richesse sociale non-marchande, ce n’est pas l’usage qu’en feront les opportunistes qui doit nous préoccuper, comme le rappelle Baptiste Mylondo <a title="mylondo, revenu pour tous" href="http://www.rfi.fr/emission/20100711-revenu-tous-baptiste-mylondo">dans son dernier ouvrage</a> :</p>
<blockquote>
<p align="JUSTIFY"><em>Qu’importe donc le sort des passagers clandestins, c’est le sort des coopérateurs qui compte, et il se trouve que ces derniers profitent pleinement de la coopération. Dans la perspective de l’instauration d’un revenu inconditionnel, ce n’est donc pas sur le cas des éventuels passagers clandestins qu’il faut s’attarder, mais sur celui de tous les autres, bénéficiaires sans être profiteurs. De toute façon, quelle serait l’alternative ? <strong>Faudrait-il renoncer à instaurer un revenu inconditionnel bénéficiant à tous au prétexte que certains pourraient en profiter ? On voit bien le caractère contre-productif de cette logique de punition collective.</strong> Non, au lieu d’entretenir la paranoïa collective, cultivons plutôt la confiance réciproque, entretenons soigneusement ce bien social pour en conserver toute la vigueur et en récolter les fruits.</em></p>
</blockquote>
<h3>Une porte plus grande ouverte pour les exclus</h3>
<p align="JUSTIFY">En outre, ces travailleurs qui choisiront des activités solidaires de proximité plutôt que la société du travail pourront servir d’exemple pour les autres, de pionniers de l’économie solidaire. <strong>L’émergence de comportements altruistes et collaboratifs peut se propager par contagion</strong>, donnant envie à un plus grand nombre de participer : selon Mylondo, <em></em></p>
<blockquote>
<p align="JUSTIFY"><em>[les] attitudes coopératives assumées pourrait éveiller l’altruisme des coopérateurs occasionnels et, la pression sociale faisant son œuvre, les passagers clandestins pourraient même se trouver contraints à investir un minimum pour la collectivité. C’est le pari de la collaboration, le pari du don à la collectivité</em>.</p>
</blockquote>
<p align="JUSTIFY">Ainsi donc, le revenu de base ne s’adresse pas aux exclus, mais d’abord à une élite de citoyens pionniers, à qui elle donne la possibilité d’ouvrir des espaces de collaboration. Mais indirectement, il peut favoriser l’insertion des exclus : ces espaces de collaboration, les plus exclus peuvent choisir de s’y engager, ou pas. Mais au moins, contrairement au monde du travail, la possibilité de s’intégrer dans ces espaces dépend avant tout de leur propre volonté, et non pas de la disponibilité de ressources financières suffisantes pour verser un salaire.</p>
<hr />
<p>Crédit photo <img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /><img title="Pas de modification" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noderivs_small.gif" alt="Pas de modification" border="0" /> <a href="http://www.flickr.com/photos/samuel-huron/">Samuel Huron</a></p>
<p>1<sup></sup> Certains pourraient me rétorquer à raison que toutes ces activités qui émergent suite à l’introduction d’un revenu de base ne peuvent être réduites à du travail : le bénévolat associatif, la participation à la démocratie locale, l’éducation des enfants (même dans un cadre collectif), l’éducation populaire. Dès lors, on ne pourrait pas dire que le revenu de base favorise l’intégration par le travail. Or ces activités d’éducation devraient idéalement se substituer à la production de jouets gadgétisés, de jeux vidéo ou aux parcs d’attraction, qui eux reposent sur du travail salarié. On a alors une activité qui se substitue à un travail salarié, en remplissant mieux son objectif, à savoir l’éducation des enfants. Cette remarque nous invite à remettre en question la solidité du concept de travail, notamment concernant son rôle d’intégrateur social : faut-il parler du travail intégrateur ou de l’activité intégratrice ?</p>
<h4>Bibliographie</h4>
<p align="JUSTIFY">FERRY, Jean-Marc, <em>L’Allocation universelle. Pour un revenu de citoyenneté</em>, Paris, 1995, Éditions du Cerf, Collection &laquo;&nbsp;Humanités&nbsp;&raquo;.</p>
<p align="JUSTIFY">André GORZ (1988), <em>Les Métamorphoses du travail</em>, éditions Galilée</p>
<p align="JUSTIFY">André GORZ (1997), <em>Misères du Présent, Richesse du possible</em>, éditions Galilée</p>
<p align="JUSTIFY">Baptiste Mylondo. 2012. <em>Pour un revenu sans condition. Garantir l’accès aux biens et services essentiels</em>, Utopia, 2012</p>
<p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/04/revenu-base-pas-outil-lutte-contre-chomage/">Le revenu de base n&rsquo;est pas un outil de lutte contre le chômage</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Vincent Liegey : &#171;&#160;Le choix se situe entre décroissance choisie et récession subie&#160;&#187;</title>
		<link>http://revenudebase.info/2013/04/vincent-liegey-dotation-inconditionnelle-autonomie/</link>
		<comments>http://revenudebase.info/2013/04/vincent-liegey-dotation-inconditionnelle-autonomie/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 10:15:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Daniel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Décroissance]]></category>
		<category><![CDATA[dotation inconditionnelle d'autonomie]]></category>
		<category><![CDATA[Monnaies locales]]></category>
		<category><![CDATA[revenu maximal]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Les décroissants prônent l'instauration d'un revenu inconditionnel démonétarisé couplé à un revenu maximum acceptable. Interview de Vincent Liegey, un des co-auteurs du "Manifeste pour une Dotation inconditionnelle d'autonomie".</p><p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/04/vincent-liegey-dotation-inconditionnelle-autonomie/">Vincent Liegey : &laquo;&nbsp;Le choix se situe entre décroissance choisie et récession subie&nbsp;&raquo;</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;ouvrage <a title="manifeste DIA" href="http://editionutopia.wordpress.com/2013/01/27/a-paraitre-un-projet-de-decroissance-manifeste-pour-une-dotation-inconditionnelle-dautonomie-dia/">&laquo;&nbsp;Un projet de décroissance, manifeste pour une dotation inconditionnelle d&rsquo;autonomie&nbsp;&raquo;</a> prône l&rsquo;instauration d&rsquo;un revenu inconditionnel démonétarisé, versé majoritairement en droit de tirage sur les ressources et en monnaie locale plutôt qu&rsquo;en euros. Interview de Vincent Liegey, l&rsquo;un des quatre co-auteurs.</strong></p>
<p><strong>Pouvez-vous nous expliquer ce qu&rsquo;est la dotation inconditionnelle d&rsquo;autonomie (DIA) ?</strong></p>
<p>L&rsquo;idée est née au sein mouvement décroissant autour de propositions comme le revenu inconditionnel d&rsquo;existence, l&rsquo;extension de la sphère de la gratuité, le bon usage et le mésusage des ressources et les alternatives concrètes qui émergent un peu partout. Nous avons aussi mené une réflexion autour du <a title="revenu maximum acceptable, patrick viveret" href="http://plusconscient.net/decroissance/56-francais/125-patrick-viveret-sur-le-rma-revenu-maximal-acceptable">revenu maximum acceptable</a>, sur la crise de la dette, la reprise en main démocratique du système monétaire et la sortie de la religion de l&rsquo;économie.</p>
<p>En mettant tout ça ensemble, dans une logique de transition et de relocalisation de l&rsquo;économie, nous en sommes arrivés à <a title="projet de décroissance" href="http://www.projet-decroissance.net/">l&rsquo;idée du revenu d&rsquo;existence démonétarisé</a> donné principalement en droit de tirage sur les ressources et en monnaies locales.</p>
<p><strong> Vous avez appelé à signer l&rsquo;<a title="Initiative citoyenne européenne" href="http://basicincome2013.eu/ubi/fr/" target="_blank">initiative citoyenne européenne</a> pour l&rsquo;instauration d&rsquo;un revenu de base en indiquant qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;<a title="revenu de base, tremplin vers la décroissance" href="http://www.projet-decroissance.net/?p=831">un tremplin vers la décroissance</a>. Cependant, vous pointez les limites de cette mesure. Quelles sont-elles selon vous ?</strong></p>
<p>Nous sommes favorables à un revenu inconditionnel d&rsquo;existence pour des raisons de justice sociale parce qu&rsquo;il permettrait de réduire les souffrances toujours plus terribles liées aux inégalités et aux plans d&rsquo;austérité. Nous y sommes également favorables car c&rsquo;est un outil pour se désaliéner au travail, sortir de la centralité de la valeur travail.</p>
<p>Par contre on est très prudents, car si une telle mesure est mise en place sans avoir en parallèle une réflexion sur le sens de nos productions, de nos consommations ou encore la place très importante de la publicité dans nos sociétés, ça risque de déboucher sur quelque chose d&rsquo;assez inquiétant où on relance la consommation de choses pas vraiment utiles. Et puis le revenu d&rsquo;existence, dans la version de Milton Friedman, pourrait aussi déboucher sur la destruction d&rsquo;un certain nombre de minimas sociaux ou le droit du travail.</p>
<p>Nous sommes donc entièrement favorables au revenu d&rsquo;existence, à condition qu&rsquo;il s&rsquo;inscrive dans un projet de société, une réflexion beaucoup plus large autour d&rsquo;une transition vers de nouveaux modèles économiques, locaux, alternatifs, qui prennent en compte les questions environnementales et ce questionnement qui est au centre de nos réflexions : qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on produit ? Comment ? Pour quel usage ?</p>
<p><strong>Le revenu de base serait donc une transition vers la DIA ?</strong></p>
<p>On a développé 3 scénarios de mise en place de la DIA. Dans le premier, on s&rsquo;appuie sur la transition déjà en marche, cet ensemble d&rsquo;alternatives concrètes que l&rsquo;on voit émerger à travers le monde (monnaie locales, permaculture, ateliers locaux de recyclage, systèmes d&rsquo;échanges locaux&#8230;). On peut, petit à petit, développer une nouvelle manière de produire, d&rsquo;autres modèles économiques et mettre en place la DIA.</p>
<p>Dans le deuxième scénario on imagine, tout en continuant à s&rsquo;intéresser aux alternatives concrètes, une réduction importante du temps de travail afin de partager le travail et en finir avec le chômage. Le temps libre ainsi récupéré pourrait être investi pour continuer dans cette logique de développement de modèles économiques locaux, de réappropriation des outils et des productions au niveau local.</p>
<p>Le troisième scénario s&rsquo;appuie en effet sur l&rsquo;instauration d&rsquo;un revenu inconditionnel d&rsquo;existence. Quelque chose d&rsquo;assez facile techniquement à mettre en place mais qui demande un courage politique assez important. Cela passerait par une réappropriation du système économique par le politique, par la démocratie. On mettrait en place ce revenu inconditionnel d&rsquo;existence couplé à un revenu maximum acceptable, et petit à petit on déclinerait ce revenu donné en euro en droit de tirage sur les ressources et en monnaies locales alternatives.</p>
<p><strong>Vous voulez fixer des quotas d&rsquo;énergie par territoire et renchérir le mésusage des ressources. Mais tout le monde n&rsquo;a pas les mêmes besoins en énergie (maison difficile à chauffer, région froide et humide, appartement vs. maison&#8230;). Comment gérer ces disparités ?</strong></p>
<p>Avec la DIA, on offre plus de droits aux gens qui les utilisent pour organiser des délibérations citoyennes locales, un renforcement de la démocratie et une réflexion sur ce <a href="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/04/couv4_dia.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3436" title="couv4_dia" src="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/04/couv4_dia-191x300.jpg" alt="" width="191" height="300" /></a>que l&rsquo;on consomme. On s&rsquo;interroge sur le niveau de consommation soutenable, comment produire cette énergie, comment l&rsquo;acheminer et à partir de quel niveau de consommation on peut considérer qu&rsquo;on doit faire payer un prix plus élevé.</p>
<p>Tout ça se met en place dans une logique de transition, dans la durée, pas du jour au lendemain, de manière autoritaire. On commence à donner une partie du gaz, de l&rsquo;eau, de l&rsquo;électricité, gratuitement et de manière progressive, on augmente les prix (en prévenant de la courbe des augmentations sur dix ans par exemple), ce qui laisse le temps à chacun de s&rsquo;adapter. Ça permet également de changer son mode de vie, d&rsquo;habitation et son rapport à l&rsquo;autre.</p>
<p>C&rsquo;est donc à la fois une protection pour les plus pauvres qui permet d&rsquo;accéder rapidement à l&rsquo;essentiel de manière gratuite et c&rsquo;est en même temps un outil de transition qui nous fait réfléchir sur comment on produit et utilise les énergies et comment on peut changer son mode de vie pour changer de manière importante sa consommation.</p>
<p><strong> Vous prévoyez que chaque territoire fixe démocratiquement les quotas. Cela ne risque-t-il pas d&rsquo;accroître la concurrence entre les territoires ?</strong></p>
<p>Il y a un risque, mais aujourd&rsquo;hui la compétition existe, notamment sur la question de l&rsquo;eau et elle est extrêmement violente. Elle n&rsquo;est pas gérée de manière démocratique et encore moins dans une logique de prise en compte des enjeux environnementaux, mais par le mythe totalement délirant de la main invisible. Un des enjeux de la DIA est de mettre sur la table la réflexion sur nos besoins réels et la façon de s&rsquo;organiser localement, ou si ce n&rsquo;est pas possible, de manière ouverte avec des échanges avec d&rsquo;autres, pour produire ce dont on a besoin de manière durable.</p>
<p>Dans une logique de transition, l&rsquo;enjeu est d&rsquo;aboutir à une décroissance de notre empreinte écologique. Il est évident que des solidarités vont devoir être imposées. Mais le but, à terme, est de tendre vers des sociétés au maximum autonomes.</p>
<p><strong>Mais en offrant à chacun un quota d&rsquo;énergie gratuit, les consommateurs auront tendance à le consommer en entier même s&rsquo;ils n&rsquo;en ont pas réellement besoin. Est-ce vraiment un bon moyen pour éviter le gaspillage ? Cela ne va-t-il pas à l&rsquo;encontre de l&rsquo;utilisation raisonnée des ressources ?</strong></p>
<p>On sort d&rsquo;un imaginaire consumériste et capitaliste. Quand on rentre dans une logique de gratuité, comme c&rsquo;est le cas avec les marchés gratuits [ou espaces de gratuité, ndlr], au départ, notre imaginaire conditionné est extrêmement mal à l&rsquo;aise à l&rsquo;idée d&rsquo;obtenir des objets gratuitement. Puis on rentre dans autre rapport à l&rsquo;objet. On n&rsquo;utilise pas l&rsquo;objet pour accumuler, mais seulement quand on en a vraiment besoin. Et c&rsquo;est pareil avec l&rsquo;eau, l&rsquo;électricité ou le gaz. En donnant un certain quota de gratuité, ça ne veut pas dire qu&rsquo;il faut se battre pour tout consommer. On n&rsquo;est pas là pour optimiser un niveau de consommation mais pour essayer de vivre dignement. Ce sont des moyens et non des buts en soi.</p>
<p><strong>Si on instaure une DIA dans une société toujours guidée par la logique consumériste/productiviste, la prise de conscience et la modification des comportements que vous espérez ne resteront que des vœux pieux.<br />
</strong></p>
<p>Oui, et nous restons très critiques par rapport à d&rsquo;autres expériences comme le communisme. C&rsquo;est pour cela que nous parlons de transition démocratique et sereine par étapes. Mais quand on regarde ce qui se passe au niveau des alternatives concrètes, on se rend compte qu&rsquo;il y a une dynamique intéressante et que, très vite, les personnes impliquées changent leur rapport à l&rsquo;autre et aux objets. Mais je ne sais pas si ça se fera en 10, 20 ou 50 ans.<strong></strong></p>
<p><strong>En versant majoritairement la DIA en droit de tirage et en monnaies locales, ne prive-t-on pas les individus de la liberté de consommer un produit qu&rsquo;on ne trouve pas localement ? </strong></p>
<p>Nous ne sommes pas contre le fait de maintenir des monnaies locales, régionales, nationales ou supranationales. Ce n&rsquo;est pas le tout local contre le tout global, c&rsquo;est essayer de trouver le bon équilibre. Les monnaies locales, au-delà d&rsquo;être des outils économiques plus justes, sont des outils de réappropriation de la politique, de repolitisation de la société, car on amène les gens à se questionner sur la consommation, la production, les usages. Ce n&rsquo;est en aucun cas quelque chose qui s&rsquo;oppose à la liberté de mouvement et d&rsquo;échange car les autres monnaies continueront vraisemblablement à exister. On n&rsquo;est pas pour l&rsquo;interdiction de l&rsquo;utilisation de gros 4X4 pour faire des rodéos dans la forêt. Par contre il faut en payer le prix réel, en terme de conséquences environnementales, en terme de travail humain et de pétrole pour le faire fonctionner.</p>
<p>À l&rsquo;échelle mondiale, on est 20% à s&rsquo;approprier 87% des ressources naturelles de la planète. On vit dans un cocon en Europe, notamment les plus riches, puisqu&rsquo;on ne voit jamais les externalités de nos actes de consommations. On paie très cher cette illusion de liberté de consommer, à la fois sur le plan environnemental et sur celui de l&rsquo;exploitation et de la destruction de populations à travers le monde. La logique de relocalisation de nos productions c&rsquo;est de rompre avec cette illusion de liberté. Car si des produits néfastes pour l&rsquo;environnement et qui nécessitent l&rsquo;exploitation de beaucoup de personnes sont produits localement, je me retrouve face à face avec les conséquences de mes faits et gestes.</p>
<p><strong>Vous parlez de transition démocratique sur le temps long, dénué de tout autoritarisme, mais vous proposez un revenu maximum acceptable ainsi qu&rsquo;une réquisition d&rsquo;un certain nombre de logements. Comment faites-vous accepter cela à une partie de la population qui a tout à y perdre ?</strong></p>
<p>Le choix se situe entre décroissance choisie et récession subie. C&rsquo;est pour l&rsquo;instant le deuxième option qui est imposée par l&rsquo;Union européenne, de manière barbare à travers les plans d&rsquo;austérité. En Grèce, il y a une baisse de l&rsquo;empreinte écologique parce que les gens n&rsquo;ont plus rien, ne consomment que le minimum, quand ils peuvent, ne travaillent plus, ne prennent plus leur voiture. Les conséquences humaines sont dévastatrices.</p>
<p>Mais on voit également que les Grecs développent des modèles économiques alternatifs. On a notamment l&rsquo;exemple de la <a title="révolution des patates, grèce" href="http://observers.france24.com/fr/content/20120308-revolution-patates-grecs-decident-passer-supermarches-vente-direct-agriculteurs-pomme-terre">révolution des patates</a> [vente directe producteurs/consommateurs, ndlr]. Certains impriment des drachmes, d&rsquo;autres mettent en place des échanges de temps (un médecin au chômage offre sa prestation au charpentier au chômage et inversement)&#8230; Cette récession subie mène au même résultat que celui que nous poursuivons avec notre logique de décroissance choisie. Mais le chemin à parcourir est extrêmement différent.</p>
<hr />
<p>Crédit photo : Vincent Liegey</p>
<p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/04/vincent-liegey-dotation-inconditionnelle-autonomie/">Vincent Liegey : &laquo;&nbsp;Le choix se situe entre décroissance choisie et récession subie&nbsp;&raquo;</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></content:encoded>
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		<title>L’allocation universelle est un don nécessaire</title>
		<link>http://revenudebase.info/2013/04/allocation-universelle-don-reciprocite/</link>
		<comments>http://revenudebase.info/2013/04/allocation-universelle-don-reciprocite/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Apr 2013 13:07:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Temple</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[allocation universelle]]></category>
		<category><![CDATA[don]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Pour Dominique Temple, chercheur spécialisé dans l'économie de réciprocité, l'allocation universelle doit être considérée comme un don qui implique réciprocité.</p><p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/04/allocation-universelle-don-reciprocite/">L’allocation universelle est un don nécessaire</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dominique Temple, chercheur indépendant, spécialisé dans l&rsquo;économie de réciprocité, nous livre son analyse de l&rsquo;allocation universelle (autre nom du revenu de base). Pour lui, l&rsquo;allocation universelle doit être considérée comme un don qui implique la réciprocité.</strong></p>
<p>Les analyses concernant l’allocation universelle peuvent être séparées en deux groupes : selon qu’elles envisagent l’allocation universelle au sein de la <em>production pour l’échange</em> ou pour libérer la créativité du donataire au sein de la <em>production pour la réciprocité</em>.<strong><br />
</strong></p>
<h3>L’allocation universelle dans le cadre de l’échange</h3>
<p>Dans le cadre de l’échange, chaque partie n’agit vis-à-vis de l’autre que dans son intérêt propre. Il est logique de penser que dans ce rapport de force, l’allocataire tente de recevoir le plus possible en cédant le moins possible, et que le “donateur” cherche à lui <strong>imposer un travail</strong> en contrepartie. Ainsi, on peut voir dans l’allocation universelle :</p>
<blockquote>
<div><em>une avance sur les potentialités d’échange des citoyens, une sorte de crédit sur les capacités de production ou de travail pour l’échange</em><sup>[1]</sup>.</div>
</blockquote>
<p>L’argument repose sur l’idée de transformer en emplois salariés des services assurés préalablement par le don dans la sphère de la réciprocité, et de substituer la valeur d’échange aux valeurs éthiques engendrées par la <a title="réciprocité, don" href="http://dominique.temple.free.fr/reciprocite.php?page=notions&amp;id_mot=234"><strong>réciprocité des dons</strong></a>. Dans cette perspective, le salaire n’est pas considéré comme seulement le prix de la force de travail mais comme la reconnaissance sociale de l’utilité du travail.</p>
<p>Dès lors que toute réciprocité est ainsi interprétée comme un échange, la revendication du lien social s’exprimera en termes de “redistribution du travail”. Du point de vue social, l’allocation universelle devient une aide à la réinsertion sociale en l’attente d’un travail salarié puisque les hommes ont droit au travail<sup>[2]</sup>. Mais la quantité de travail rémunérable ne cessant de décroître, la réinsertion n’est possible que si du travail est libéré par les salariés. Les salariés poursuivent donc la lutte pour que soit compensée l’aliénation du travail par une juste redistribution, et puisque le travail salarié devient rare, pour son partage.</p>
<p>Cependant, partager le travail rémunéré quand augmente le chômage conduit à la réduction des salaires ou à la précarisation des conditions du travail. La thèse sociale est devant l’aporie d’un travail salarié qui prétend être activité désirable mais qui, faute d’être possible pour tous, doit être partagé avec une telle réduction de salaire qu’il cesse d’être désirable. Les forces sociales qui se mobilisent pour la redistribution des fruits du travail devront reconnaître que :</p>
<blockquote><p><em>L’émancipation des individus, leur libre épanouissement, la recomposition de la société passent par la libération du travail. C’est grâce à la réduction de la durée du travail qu’ils peuvent acquérir une nouvelle sécurité, un recul par rapport aux “nécessités de la vie” et une autonomie existentielle qui les porteront à exiger leur autonomie croissante dans le travail, leur contrôle politique de ses buts, un espace social dans lequel puissent se déployer les activités volontaires et auto-organisées </em><sup>[3]</sup>.</p></blockquote>
<p>Autonomie, donc, mais le temps libéré du travail salarié ne doit pas être revendiqué pour instaurer une société fondée sur le principe de l’intérêt-pour-soi, il doit être revendiqué pour instaurer une société sur le principe de l’intérêt-pour-autrui, c’est-à-dire le <a title="principe de réciprocité" href="http://dominique.temple.free.fr/reciprocite.php?page=notions&amp;id_mot=7"><strong>principe de réciprocité</strong></a>.</p>
<h3>L’allocation universelle dans le cadre de la réciprocité</h3>
<p>La réciprocité permet de relativiser l’intérêt de chacun par celui d’autrui pour engendrer un sentiment commun d’humanité<sup>[4]</sup>. Elle oblige à assurer à l’autre ses conditions d’existence. Le don devient le moteur de la production humaine.</p>
<p><strong>L’allocation universelle est un don </strong>: elle est inconditionnelle, en aucun cas elle ne donne lieu à un travail forcé en échange. Ce don est médiatisé par L’État : la redistribution par l’État doit être réinterprétée comme une organisation de la réciprocité. <strong>Ce don est un dû</strong> : si l’on suit l’argument de Paine<sup>[5]</sup>, lorsque la société prive ses membres des moyens naturels de leur existence (le droit de propriété de tous sur la terre), la société doit en offrir au moins l’équivalent. On peut ajouter que le travail des générations passées a produit un patrimoine commun de l’humanité qui ne peut être privatisé par le Capital.</p>
<p><strong>L’allocation universelle n’est donc pas seulement un don. Elle est un don nécessaire, elle est un dû. </strong>Elle est implicitement prescrite par la Déclaration universelle des droits de l’homme, en particulier dans ses deux articles 23 et 25, l’article 23 définissant le droit au travail libre, l’article 25 le droit aux conditions minimum d’existence.</p>
<blockquote><p><em><em>Le don est inconditionnel, mais la réciprocité obligatoire</em>. </em><em>Cette obligation est l’<em>obligation morale</em> produite par la <em><a title="structure réciprocité" href="http://dominique.temple.free.fr/reciprocite.php?page=notions&amp;id_mot=13"> <strong>structure de réciprocité</strong></a></em>.</em></p></blockquote>
<p>Cependant, l’allocation universelle doit être un don des moyens de produire le don car sinon elle satisfait la conscience du donateur mais fait perdre la face au donataire. Or, un don des moyens de production du don permet au bénéficiaire de re-donner selon ses capacités à qui de droit. Alors il est évident que du travail, il y en a pour tous<sup>[6]</sup>, et l’allocation universelle devient le meilleur moyen de l’intégration à la société humaine.</p>
<p><img title="partage-don" src="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/04/partage-don.jpg" alt="" width="690" height="519" /></p>
<p>Bien qu’elle ait pour elle la morale, cette thèse se heurte à l’indifférence des économistes du libre-échange qui répondent que pour satisfaire la liberté de donner selon ses capacités il faudrait imaginer des machines qui délivrent l’homme des travaux pénibles en produisant gratuitement les biens nécessaires. Mais c’est justement ce que permet d’envisager la technique moderne !</p>
<p>Marx prédisait déjà dans les <em>Grundrisse</em> que, grâce à la technique, le travail salarié cesserait d’être la source de la richesse, et que le temps de travail ne serait plus la mesure de celle-ci [<a id="nh7" title="Cf. TEMPLE, D. “Marx et la réciprocité”. (1998)." href="http://dominique.temple.free.fr/reciprocite.php?page=reciprocite_2&amp;id_article=41#nb7" rel="footnote">7</a>]. Pour les salariés d’aujourd’hui, il ne s’agit plus d’opposer les intérêts des faibles aux intérêts des forts, les intérêts de la totalité aux intérêts de la majorité ou d’une minorité, mais d’opposer à l’intérêt le “contraire de l’intérêt”. La réciprocité des dons doit être reconnue comme un droit universel sinon les privilégiés poursuivront l’exploitation des plus faibles, non sans se réserver un domaine privé pour la réciprocité (famille, corporation, patrie).</p>
<ul>
<li>L’allocation universelle permettra au salariat de négocier avec le patronat sans être contraint d’accepter ses conditions.</li>
<li>Elle sera pour les exclus la fin du désespoir, un rempart contre la tentation du terrorisme.</li>
<li>Elle donnera à chaque être humain la liberté de choisir une activité qui épanouisse ses dons et sa créativité au bénéfice de la société entière.</li>
<li>Elle commandera à ses bénéficiaires de répondre selon le <em>principe de réciprocité</em>.</li>
</ul>
<p>Les hommes, pourvus du nécessaire, auront toujours le choix de produire pour accumuler ou pour donner. Mais <strong>la grande majorité des hommes a davantage soif de produire pour donner que de produire pour accumuler.</strong></p>
<p>La réciprocité est le moteur d’une part importante non inventoriée de la production actuelle mais occultée. Lorsqu’un donateur a affaire à quelqu’un qui ne prend en compte que son intérêt, il est certes obligé de se défendre. Cette contrainte généralise le système de libre-échange. La mondialisation des intérêts ne pourra donc être maîtrisée que lorsque sera reconnue <strong>l’interface de système entre l’échange et la réciprocité</strong>.</p>
<p>La <strong>limite du profit</strong> est cette <em>interface</em> qui libère la <em>territorialité du don réciproque</em>. Dès que la société disposera de cette territorialité, elle supprimera aussitôt la pauvreté matérielle dans le monde et engendrera la richesse spirituelle.</p>
<hr />
<p>Article initialement publié sur <a title="dominique temple réciprocité" href="http://dominique.temple.free.fr/">le site de l&rsquo;auteur</a></p>
<p title="Attribution-NonCommercial-NoDerivs License">Crédit photo <img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /><img title="Pas de modification" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noderivs_small.gif" alt="Pas de modification" border="0" /> par <a href="http://www.flickr.com/photos/ash-s/">ash-s</a> et <img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /><img title="Partage selon les Conditions Initiales" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_sharealike_small.gif" alt="Partage selon les Conditions Initiales" border="0" />  <a href="http://www.flickr.com/photos/stanjourdan/">stanjourdan</a></p>
<p>[1] BRESSON, Yoland. “Le revenu d’existence : réponses aux objections”. In La revue du M.A.U.S.S., n° 7, 1er semestre, Paris, 1996.</p>
<p>[2] FERRY, Jean-Marc. “Revenu de citoyenneté, droit au travail, intégration sociale”. In La revue du M.A.U.S.S., n° 7, 1er semestre, Paris, 1996.</p>
<p>[3] GORZ, André. Métamorphose du travail : quête du sens. Paris : Galilée, 1988.</p>
<p>[4] Cf. TEMPLE, D. &amp; M. CHABAL. La réciprocité et la naissance des valeurs humaines. Paris : l’Harmattan, 1995.</p>
<p>[5] PAINE, Thomas. “La justice agraire opposée à la loi et aux privilèges agraires”. In La revue du M.A.U.S.S., n° 7, op. cit.</p>
<p>[6] Cf. CHABAL, Mireille. “Qu’est-ce que le travail humain ?”. Communication au Colloque LUPASCO, Bulletin du C.I.R.E.T. n° 13,n 13 mars 1998.</p>
<p>Pour aller plus loin : Philippe VAN PARIJS,<br />
- Qu’est-ce qu’une société juste ? Paris : édition du Seuil, 1991.<br />
- “Vers un revenu minimum inconditionnel ?”. In La revue du M.A.U.S.S., n° 7, 1er semestre, 1996.</p>
<p>[7] Cf. TEMPLE, D. “Marx et la réciprocité”. (1998).</p>
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		<item>
		<title>Italie: Non, le &#171;&#160;revenu citoyen&#160;&#187; de Beppe Grillo n&#8217;est pas un revenu de base inconditionnel</title>
		<link>http://revenudebase.info/2013/03/revenu-citoyen-beppe-grillo/</link>
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		<pubDate>Tue, 19 Mar 2013 13:39:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Beppe Grillo]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Contrairement à ce que disent certains, la proposition de "revenu citoyen" soutenue par le mouvement de Beppe Grillo n'est pas équivalente à un revenu de base inconditionnel.</p><p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/03/revenu-citoyen-beppe-grillo/">Italie: Non, le &laquo;&nbsp;revenu citoyen&nbsp;&raquo; de Beppe Grillo n&rsquo;est pas un revenu de base inconditionnel</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Contrairement à certaines informations qui diffusent sur la toile, la proposition de &laquo;&nbsp;revenu citoyen&nbsp;&raquo; soutenue par le mouvement de Beppe Grillo en Italie n&rsquo;est pas équivalente à un revenu de base inconditionnel. Clarifications par Sabrina Del Pico, du réseau italien pour le revenu de base.</p>
<p><em>Article initialement publié sur le site <a title="beppe grillo citizen income" href="http://binews.org/2013/03/italy-5-star-movement-and-the-confusing-proposal-of-a-citizens-income/">Basic Income News</a>.</em></p>
<p>En janvier 2013, quelques semaines avant les élections générales, Beppe Grillo, le leader haut en couleurs du Movimento 5 Stelle &#8211; M5S (<a title="beppe grillo revenu de base" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_5_%C3%A9toiles">Mouvement 5 Etoiles</a>) déclarait : &laquo;&nbsp;<em>La première chose que nous ferons, en rentrant au Parlement, sera d&rsquo;introduire un revenu citoyen pour ceux qui ont perdu leur emploi ou qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;emploi</em>&laquo;&nbsp;. Et effectivement, lors de la campagne législative italienne, M5S a présenté un programme en 20 points, dont le second était ce que Beppe Grillo nomma incorrectement un &laquo;&nbsp;revenu citoyen&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ce terme est généralement utilisé comme synonyme du terme &laquo;&nbsp;revenu de base&nbsp;&raquo; pour un revenu inconditionnel, alloué à chacun, sans aucun contrôle des revenus ou travail en contrepartie. <strong>Grillo, pour sa part, utilise ce terme pour désigner une indemnité contre le chômage, allouée à la condition que les bénéficiaires soient prêts à accepter un travail s&rsquo;il devait s&rsquo;en libérer un.</strong> Grillo lui-même dit dans une récente interview :</p>
<blockquote><p><em>l&rsquo;agence pour l&rsquo;emploi proposera un, deux, trois emplois. S&rsquo;ils ne les acceptent pas, ils perdront l&rsquo;indemnité</em></p></blockquote>
<p>Il n&rsquo;a même pas précisé si le travail offert devait être approprié aux aptitudes de la personne.</p>
<p>La victoire de M5S est éclatante. Il émerge des élections comme le parti ayant le plus d&rsquo;élus dans la Chambre des Députés grâce à plus de 8,7 millions de voix, presqu&rsquo;un quart des suffrages exprimés. Son leader n&rsquo;a pas abandonné ses promesses de campagne électorale et a continué de défendre l&rsquo;introduction de ce qu&rsquo;il appelle un revenu citoyen comme l&rsquo;une des plus importantes mesures à prendre.</p>
<p>S&rsquo;il faut reconnaître qu&rsquo;il est remarquable qu&rsquo;un politicien italien au pouvoir mette à l&rsquo;agenda des mesures traitant des conditions économiques de ses citoyens ; il faut néanmoins souligner que cela a ajouté de la confusion dans le langage politique. En témoigne par exemple <a title="beppe grillo citoyen" href="http://www.huffingtonpost.com/ellen-brown/qe-for-the-people-grillos_b_2829729.html">cet article</a> qui confond visiblement la proposition de Beppe Grillo avec un véritable revenu de base.</p>
<h3>Des modalités vagues &#8211; si ce n&rsquo;est qu&rsquo;il faut chercher du travail</h3>
<p>La proposition de M5S consiste à allouer 1.000€ par mois pendant 3 ans aux chômeurs. Cette proposition est relativement vague dans sa mise en place, sauf sur un point :<strong> l&rsquo;allocation est entièrement soumise à la condition que le bénéficiaire soit prêt à travailler</strong> ou au moins qu&rsquo;il montre son engagement à suivre une trajectoire de réintégration.</p>
<p>Il est alors clair que ce qu&rsquo;ils nomment revenu citoyen n&rsquo;est en fait qu&rsquo;une forme d&rsquo;allocation chômage, taxable ou non. Ce n&rsquo;est pas une simple différence linguistique. Cela cache &#8211; ou révèle, selon le point de vue - une connaissance inadéquate et superficielle des politiques d&rsquo;aide sociale par la sphère politique, dont la conséquence est le risque de mettre en place une mesure de <em><a title="workfare revenu citoyen" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Workfare">Workfare</a></em> sous le nom revenu de base.</p>
<p>Néanmoins, cette proposition a lancé un débat animé dans le monde politique au sujet de la nécessité de mettre à disposition des citoyens faisant face à des problèmes économiques une aide au revenu sous une forme ou une autre. Presque tous les partis italiens ont maintenant pris conscience de la nécessité de mettre en place un système d&rsquo;aide au revenu comme fait inéluctable.</p>
<p>D&rsquo;ailleurs, en juillet 2012, <a title="basic income italia" href="http://bin-italia.org/">BIN Italia</a>, en collaboration avec plusieurs associations et organisations de terrain avait déjà lancé une campagne pour proposer une <a href="http://www.redditogarantito.it/#!/home">initiative populaire pour un revenu minimum garanti</a> en Italie.</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/GF30wUeyW_A" frameborder="0" width="690" height="388"></iframe></p>
<p>La campagne, qui a pris fin en décembre 2012, fut un réel succès. Elle a atteint son son objectif de collecter 50.000 signatures, et par conséquent, cette initiative populaire pour un revenu minimum garanti pourrait non seulement représenter une importante contribution au débat actuel mais également aider à déterminer la mise en place et les aspects pratiques des réformes sociales en Italie.</p>
<hr />
<p>Traduction : Aurélien Cabanillas et Sébastien Desautel</p>
<p>Crédit photo <img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /><img title="Partage selon les Conditions Initiales" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_sharealike_small.gif" alt="Partage selon les Conditions Initiales" border="0" /> <a title="revenu citoyen italie" href="http://www.flickr.com/photos/20centesimi/7922322214/sizes/z/in/photostream/">20centesimi</a></p>
<p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/03/revenu-citoyen-beppe-grillo/">Italie: Non, le &laquo;&nbsp;revenu citoyen&nbsp;&raquo; de Beppe Grillo n&rsquo;est pas un revenu de base inconditionnel</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Marie Pezé: &#171;&#160;l&#8217;organisation du travail entretient la précarité du salarié&#160;&#187;</title>
		<link>http://revenudebase.info/2013/02/marie-peze-organisation-travail-entretient-precarite-salarie/</link>
		<comments>http://revenudebase.info/2013/02/marie-peze-organisation-travail-entretient-precarite-salarie/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 Feb 2013 15:30:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Daniel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[organisation du travail]]></category>
		<category><![CDATA[souffrance]]></category>
		<category><![CDATA[suicide]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://revenudebase.info/?p=2597</guid>
		<description><![CDATA[<p>Marie Pezé, psychologue spécialisée dans la souffrance au travail, décortique pour nous les causes et les conséquences de la souffrance au travail ainsi que les leviers de soumission actionnés par les entreprises. Elle nous livre également sont point de vue sur le revenu de base.</p><p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/02/marie-peze-organisation-travail-entretient-precarite-salarie/">Marie Pezé: &laquo;&nbsp;l&rsquo;organisation du travail entretient la précarité du salarié&nbsp;&raquo;</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Marie Pezé est psychologue spécialisée dans la souffrance au travail, auteure de plusieurs ouvrages et d&rsquo;un<a title="souffrance au travail" href="http://www.souffrance-et-travail.com/"> site visant à informer sur le suje</a>t. Elle décortique pour nous les causes et les conséquences de la souffrance au travail ainsi que les leviers de soumission actionnés par les entreprises. Pour elle, le revenu de base est un levier d&rsquo;émancipation intéressant mais pas suffisant pour lutter contre l&rsquo;aliénation. Interview.<br />
</strong></p>
<p><em><strong>Quelle est l&rsquo;étendue des dégâts dans le monde du travail ?</strong></em></p>
<p>Sur un plan économique et financier, la souffrance au travail coûte 4 points et demi de PIB dans la plupart des pays européen. Le Français est 3ème au niveau mondial en productivité horaire et 1er en consommateur de psychotropes. Le drame, c&rsquo;est que le coût de la souffrance au travail n&rsquo;est jamais présenté de cette manière là. Dans les tableaux de maladies professionnelles, il n&rsquo;y a aucun tableau concernant les maladies psychiques.</p>
<p>Pourtant, il suffit de voir la tête des gens dehors pour comprendre que ce qui se passe dans le monde du travail a une influence sur notre société. Autrefois le travail faisait souffrir physiquement, cognitivement ou moralement car les petits chefs ont toujours existé, mais les modes de défense vis à vis de cette souffrance étaient collectifs. Ils ont disparu « au profit » de modes de défense purement individuels. Il n&rsquo;y a plus de défense collective dans le monde du travail pour faire front devant un management harcelogène ou l&rsquo;impossibilité de débattre du travail réel.</p>
<p><em><strong>Quels sont les symptômes de cette souffrance ?</strong></em></p>
<p><a href="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/02/MariePeze_MCP.jpg"><img class="alignleft  wp-image-2603" title="MariePeze_MCP" src="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/02/MariePeze_MCP-681x1024.jpg" alt="" width="174" height="260" /></a>On distingue deux grandes familles de pathologies. La première est liée aux <a title="souffrance au travail" href="http://www.souffrance-et-travail.com/infos-utiles/questions-importantes/pathologies-de-surcharge/">pathologies de surcharge</a> qui concerne le fonctionnement cognitif comme le burnout ou le stress aigu. Vous avez tout ce qu&rsquo;on appelle les crises psychiques aiguës au travail : les actes de violence entre collègues, contre l&rsquo;outil de travail, contre la hiérarchie. Mais aussi l&rsquo;auto-violence, l&rsquo;auto-agresssivité comme les tentatives de suicide. Il existe aussi des pathologies de surcharge purement organiques : les troubles musculo-squelettiques qui sont les premières maladies professionnelles et de plus en plus de maladies cardio-vasculaires.</p>
<p>Vous avez tous les troubles gastriques et gynécologiques. On sait par exemple que 40% des femmes cadres font un infarctus. Désormais des publications scientifiques précises font le lien entre pathologies organiques et psychiques et travail.</p>
<p>Du côté des pathologies de la solitude, vous avez les pathologies liées au harcèlement et au <a title="stress nevrose traumatique" href="http://www.souffrance-et-travail.com/infos-utiles/questions-importantes/nevrose-traumatique/">stress post-traumatique</a>. Il y a des gens qui font des tableaux [ndlr : symptômes] de temps de guerre, de vétérans du Vietnam, alors qu&rsquo;ils vont simplement travailler 8 heures par jour. Ils sont obligés de retourner dans des lieux où on les fait travailler dans des conditions humiliantes, maltraitantes, et leur système psychique n&rsquo;y résiste pas. Il est important que les salariés connaissent les pathologies qu&rsquo;ils peuvent présenter pour arrêter de s&rsquo;en attribuer la causalité.</p>
<p><em><strong>La souffrance au travail est-elle en régression ou en progression ? Qu&rsquo;est ce qui explique cette évolution ?</strong></em></p>
<p>On assiste à une explosion de burnout dans tous les secteurs socioprofessionnels, mais aussi chez les étudiants des grandes écoles. On a parlé des morts de France Télécom. En minorant les chiffres on arrive à 70. Mais il y en a partout. Renault, La Poste&#8230; Sans compter tout ceux dont on ne parle pas car ils ne sont pas mis en lien avec le travail. Tout ceux pour lesquels les familles ne portent pas plainte car les dossiers ne sont pas assez étayés. Tous les suicides qui sont tus, camouflés par les directions.</p>
<p>La plupart des salariés sont partie prenante dans cette pathologie de la solitude qui peut conduire l&rsquo;un d&rsquo;entre eux à se tuer et, par culpabilité, ils vont se taire. Chaque nouveau suicide fait le lit de la couche plus épaisse de culpabilité des survivants. Tant que ces suicides ne seront pas rapportés à l&rsquo;organisation du travail, on n&rsquo;y arrivera pas. Surtout que tous ces morts, tous ces accidents, ne coûtent rien à l&rsquo;entreprise et pèsent sur la collectivité et la solidarité nationale.</p>
<p><em><strong>Vous décrivez un tableau très sombre&#8230;</strong></em></p>
<p><strong></strong>Si on aborde la question du travail par les maladies, effectivement, ça ne s&rsquo;arrange pas. D&rsquo;après les différentes études européennes, l&rsquo;aggravation est constante depuis 15 ans. Mais ça n&rsquo;empêche pas 80% des salariés français d&rsquo;aimer leur travail et de s&rsquo;y investir corps et âme. Le Français aime son travail, il aime son entreprise, il veut faire du beau boulot, il veut faire beaucoup plus que ce qu&rsquo;on lui demande. Sans quoi il a la sensation de faire du sale boulot et de ne pas pouvoir construire son identité. Et c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs grâce à ça que l&rsquo;organisation du travail tourne encore.</p>
<p>Donc non, je ne pense pas qu&rsquo;il faille décrire un tableau sombre. Je pense qu&rsquo;il faut partir de cette centralité du travail chez le salarié français qui n&rsquo;a pas un rapport pragmatique et purement pécuniaire et opérationnel au travail, mais un vrai rapport d&rsquo;expression identitaire, pour comprendre pourquoi le travail sauve. Mais, quand on vous vire, quand on vous déclare senior à 35 ans, quand on vous confronte à la nouvelle organisation du travail&#8230; il peut aussi vous tuer, justement parce qu&rsquo;il occupe une place centrale.</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/qUi10Sda4AM" frameborder="0" width="690" height="388"></iframe></p>
<p><em><strong>Pourquoi notre société s&rsquo;attache donc tant à la &laquo;&nbsp;valeur travail&nbsp;&raquo; ?</strong></em></p>
<p><strong></strong>La reconnaissance s&rsquo;obtient en France à travers le travail et non l&rsquo;argent  contrairement à ce qui se passe aux États-Unis. Comme en France, même quand on travaille beaucoup on ne gagne pas beaucoup d&rsquo;argent, il ne reste qu&rsquo;une zone de reconnaissance, c&rsquo;est ce que vous donnez à voir de ce que vous savez faire. Il y a des spécificités de l&rsquo;emploi français qui font que travailler est important pour vivre, mais aussi pour dire qui on est, pour montrer son importance sociale.</p>
<p>Je ne vois pas par quoi on va remplacer ça si le monde du travail exclue trop de gens. On voit comment vivent les gens exclus du monde du travail dans notre pays, ils vivent dans nos rues, sur les trottoirs installés sur des matelas. Les américains ont des vies de communautés religieuses et associatives assez riches, ce qui n&rsquo;est pas notre cas. Ils ont un fonctionnement collectif qui remplace notre système de sécurité sociale. Mais on peut se demander ce qui va remplacer notre sécurité sociale qui ne marche déjà plus des masses.</p>
<p><em><strong>Qu&rsquo;est-ce qui selon vous pourrait permettre de réduire, voire d&rsquo;éliminer cette souffrance ?</strong></em></p>
<p><strong></strong>Le leviers de soumission sont redoutables. La vision du SDF dans la rue, du chômeur en fin de droit, la vision du travailleur précaire sont autant de déclinaison des différentes figures du travail. Celui qui est fonctionnaire ou a un CDI n&rsquo;est plus, comme autrefois, dans la sécurité. Les organisations du travail entretiennent très bien la précarité subjective. On voit bien comment l&rsquo;organisation du travail, par l’évaluation individuelle des performances, par la manière dont l&rsquo;ergonomie du poste est organisée, par mille rouages d&rsquo;orfèvres, entretient la déstabilisation du salarié tout en lui demandant un investissement subjectif absolument total. Je pense qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus personne de vraiment rassuré nulle part dans le monde du travail.</p>
<p>Déconstruire la peur du salarié, faire qu&rsquo;il soit averti de ses droits et des rouages de la servitude volontaire, demanderait d&rsquo;en faire un être <a href="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/02/travailler.gif"><img class="alignright  wp-image-2605" title="travailler" src="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/02/travailler.gif" alt="" width="291" height="433" /></a>humain un peu plus étayé avant qu&rsquo;il intègre le monde du travail. Mais les gens n&rsquo;ont même plus le temps pour faire un pas de côté, réfléchir à ce qui se passe, et au moins faire respecter leurs droits élémentaires. On a des gens extrêmement impuissants face à des organisations du travail très retorses. Quand des fonctionnaires, donc assurés de ne pas perdre leur travail, qui n&rsquo;ont pas de mitraillette sur la nuque, vous disent qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien à faire, comme si on était dans un pays sans syndicat, sans droit de grève, et bien les bras vous en tombent.</p>
<p>Déconstruire cette affaire là, c&rsquo;est du boulot. Comment construire du collectif quand il y a un turnover massif dans toutes les entreprises, quand l&rsquo;évaluation est individuelle et non plus collective, quand les organisations du travail sont très douées pour déménager les différents services, introduire des modifications organisationnelles deux à trois fois par an. Les gens courent pour s&rsquo;adapter et une fois qu&rsquo;ils ont compris les effets pervers d&rsquo;une organisation, ils doivent s&rsquo;adapter à la suivante.</p>
<p><em><strong>Comment et pourquoi un salarié peut-il s&rsquo;identifier à un travail aliénant et dégradant ?</strong></em></p>
<p><strong></strong>Ce qu&rsquo;on regarde de l&rsquo;extérieur comme dégradant, aliénant, n&rsquo;arrive à être exécuté par le salarié que parce qu&rsquo;il y rajoute beaucoup de lui même. Les fiches de poste n&rsquo;arrivent jamais à donner toutes les consignes. Le salarié est toujours obligé de rajouter quelque chose de son zèle. C&rsquo;est dans cette part personnelle qu&rsquo;il respire. Il va investir des qualités d&rsquo;éthique, d&rsquo;esthétique dans son travail. Comme cette ouvrière à qui on demandait de faire les biseaux des rouges à lèvres à la main quand la machine était en panne,. Elle y arrivait aussi bien que la machine donc c&rsquo;est a elle qu&rsquo;on le demandait.</p>
<p>On a envie de lui dire qu&rsquo;elle est dans l&rsquo;aliénation la plus totale, mais elle était fière qu&rsquo;on vienne la chercher pour lui demander de faire ce travail. On a tellement augmenté la cadence dans l&rsquo;atelier qu&rsquo;elle rapatrie la rage dans l&rsquo;accélération du geste. Elle va plus vite que la cadence demandée. Le temps de quelques secondes, elle bat le record de l&rsquo;atelier, elle dégage un triomphe temporaire, elle devient l&rsquo;athlète et non plus l&rsquo;esclave. Voilà comment le besoin de reconnaissance de chacun d&rsquo;entre nous se faufile là où il peut. Voilà pourquoi les organisations du travail ont de beaux jours devant elles parce que les salariés auront toujours besoin de reconnaissance, d&rsquo;autant plus que leur salaire est faible. Si le support financier est médiocre, l&rsquo;attente de reconnaissance sera d&rsquo;autant plus forte sur un plan symbolique. Si les organisations du travail qui ne donnent pas le salaire se débrouillent pour donner des reconnaissances fallacieuses (porte-clé, prix du meilleur employé&#8230;) et bien l&rsquo;employé ira les chercher là où elles sont.</p>
<p><em><strong>Est-ce que vous voyez quand même un aspect positif dans cette recherche de la reconnaissance ?</strong></em></p>
<p><strong></strong>Oui, bien sûr. Parce que le travail vous le rend bien. En psychodynamique du travail on décline deux types de jugement autour de la reconnaissance. Le jugement d&rsquo;utilité qu&rsquo;on obtient de ses patients ou clients qu&rsquo;on a su satisfaire et puis le jugement de beauté qui est porté par nos pairs lorsqu&rsquo;on respecte les règles du bel ouvrage. Vous avez un retour sur vous même qui est une reconnaissance de vos compétences. Tant que nous arriverons à tenir ce rapport positif au travail ça ira. Or ces ressorts là sont compromis.</p>
<p><em><strong>En quoi l&rsquo;inconditionnalité du revenu de base peut permettre de réduire la souffrance des demandeurs d&rsquo;emplois ?</strong></em></p>
<p>Le revenu de base fait partie des idées qui, sous des formes différentes courent depuis fort longtemps, pour essayer de faire échapper aux système de soumission et d&rsquo;aliénation qui sont en place actuellement, notamment à cause de la multiplication des allocations. Dans l&rsquo;hypothèse où l&rsquo;on a un revenu de base assuré de la naissance à la mort, peut-être que le salariat ne sera plus le rouage mortifère qu&rsquo;il est en train de devenir. Ça fait partie de ces hypothèses pour penser autrement le rapport de chacun d&rsquo;entre nous au salaire qu&rsquo;il doit gagner. En soi, c&rsquo;est une idée intéressante mais est-ce qu&rsquo;elle va suffire à casser les ressorts du consentement et de la domination ? Au point où nous en sommes rendus, je ne sais pas.</p>
<p>Je trouve que la génération montante se désengage du travail. Le rapport va devenir fonctionnel. L&rsquo;idée du revenu de base sera une idée parmi d&rsquo;autres pour faire émerger des mécanismes de défense nouveaux. Mais je pense qu&rsquo;il va falloir dégager beaucoup d&rsquo;idées. L&rsquo;allocation universelle me paraît, de manière humaniste, être inscrite dans la droite ligne de la sécurité sociale, et des belles idées du dernier siècle. Mais je ne sais pas si elle est adaptée au cynisme de notre économie.</p>
<hr />
<dl id="yui_3_7_3_3_1360163914488_302">
<dt id="yui_3_7_3_3_1360163914488_301" title="Attribution License">Crédit <img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /> <a href="http://www.flickr.com/photos/filtran/">filtran</a></dt>
</dl>
<p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/02/marie-peze-organisation-travail-entretient-precarite-salarie/">Marie Pezé: &laquo;&nbsp;l&rsquo;organisation du travail entretient la précarité du salarié&nbsp;&raquo;</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></content:encoded>
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		<title>Les &#8216;cash transfers&#8217; peuvent-ils transformer l&#8217;Inde?</title>
		<link>http://revenudebase.info/2013/02/cash-transfers-inde/</link>
		<comments>http://revenudebase.info/2013/02/cash-transfers-inde/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 12 Feb 2013 12:20:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Cash transfers]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Guy Standing revient sur les expérimentations de cash transfers menées dans des villages en Inde et s'inquiète du tour trop politique que prend le dispositif mis en place par le gouvernement.</p><p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/02/cash-transfers-inde/">Les &lsquo;cash transfers&rsquo; peuvent-ils transformer l&rsquo;Inde?</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a title="guy standing uk" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Standing_(professeur)" target="_blank">Guy Standing</a> revient sur les expérimentations de &laquo;&nbsp;<a title="Crash test pour le revenu de base en Inde" href="http://revenudebase.info/2013/01/inde-cash-transfers/">cash transfers</a>&nbsp;&raquo; menées dans des villages en Inde et s&rsquo;inquiète du tour trop politique que prend le dispositif mis en place par le gouvernement. L&rsquo;idée du revenu de base va-t-elle survivre à cette instrumentalisation?</strong></p>
<p><em>Tribune initialement publiée en anglais sur le site <a title="Can basic income cash transfers transform India?" href="http://binews.org/2013/02/opinion-can-basic-income-cash-transfers-transform-india/" target="_blank">Basic Income News</a></em></p>
<p>Depuis les années 90, l&rsquo;économie indienne connaît une croissance moyenne de 6% par an. Pourtant, des centaines de millions de personnes demeurent embourbées dans la pauvreté et les inégalités se sont accrues sans discontinuer. Pendant des décennies, en dépit des 1.200 aides sociales financées par le gouvernement fédéral selon la législation en place, et des centaines d&rsquo;autres au niveau des états, les gouvernements successifs se sont en grande partie défaussés sur le Système de distribution public (<a title="Public Distribution System" href="http://en.wikipedia.org/wiki/Public_Distribution_System" target="_blank">PDS</a>, acronyme anglais) pour pallier la pauvreté.</p>
<p>Le PDS subventionne les consommateurs détenteurs d&rsquo;une carte prouvant qu&rsquo;ils vivent en dessous du seuil de pauvreté (BPL : below poverty line), ou autre document de ce type. Les céréales, le riz, le sucre et le kérosène leur sont vendus à prix réduits. Les producteurs d&rsquo;un grand nombre de secteurs reçoivent également d&rsquo;énormes subventions. Au total, les subventions engloutissent 7% du PIB.</p>
<h3>L&rsquo;échec cuisant des politiques sociales actuelles</h3>
<p>Et cela ne fonctionne pas. <strong>En plus de fausser le marché, le système est gaspilleur, inefficace, régressif et profondément corrompu.</strong> Rajiv Gandhi est connu pour avoir dit que 85% de la nourriture subventionnée n&rsquo;atteignait jamais les pauvres. Le Vice-président de la commission de planification a affirmé en 2009 que seules 16% de ces denrées leur parvenaient. <strong>D&rsquo;autres ont estimé que pour chaque roupie dépensée, 72% était perdu pendant le transport.</strong></p>
<p>Tout en poursuivant le PDS, le Parti du Congrès, longtemps considéré comme le bastion de la démocratie indienne, a lancé en 2005 un spectaculaire Plan National de Garantie de l&rsquo;Emploi Rural (NREGS, acronyme anglais), censé garantir à chaque foyer rural 100 jours de travail par an au salaire minimum. Un très grand nombre de personnes sont censées en avoir bénéficié, des sommes faramineuses ont été dépensées et nombre d&rsquo;éloges prononcés.</p>
<p>En réalité, des fantômes ont été ressuscités, inscrits sur les listes de travailleurs. Dans le cadre de ce programme (rebaptisé entre temps pour faire apparaître le prestigieux nom de Gandhi en préfixe), <strong>la plupart des habitants des zones rurales n&rsquo;ont obtenu que quelques jours de travail, voire aucun. La majeure partie des fonds a fini dans les poches des bureaucrates locaux.</strong> Une étude a estimé que seuls 8% des bénéficiaires avaient été employés 100 jours par an. Une autre suggère que seulement une minorité des projets ont été menés à bien, tandis qu&rsquo;une autre encore montre que ce programme n&rsquo;a pas du tout diminué la pauvreté en milieu rural. La corruption est endémique. Ce programme n&rsquo;attend plus qu&rsquo;un journaliste pour écrire un ouvrage intitulé &laquo;&nbsp;La plus grosse arnaque de l&rsquo;histoire en matière de politique sociale&nbsp;&raquo;.</p>
<h3>Trois expériences porteuses d&rsquo;espoir</h3>
<p>Dans le même temps, quelque chose de remarquable se mettait en marche. Une alternative radicale était en train de faire son chemin. En 2009, sous la houlette de SEWA (l&rsquo;Association des Femmes Auto-entrepreneuses), nous avons donné le coup d&rsquo;envoi du premier des trois programmes pilotes de cash transfers. <strong>Le principe est simple: donner de l&rsquo;argent aux gens, un revenu de base, au lieu des subventions ou du travail contraint.</strong> Et ne soumettre ce transfert à aucune condition orientant la manière dont les gens utilisent l&rsquo;argent; ils peuvent décider cela par eux-mêmes. Nous ne nous attribuons pas le mérite pour ce qui s&rsquo;est produit depuis car d&rsquo;autres facteurs y ont contribué. Mais les expérimentations se sont avérées opportunes.</p>
<p>La première, financée par le <a title="PNUD" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_des_Nations_unies_pour_le_développement">PNUD</a>, a été menée dans un quartier défavorisé de Delhi, où des centaines de foyers ont eu le choix entre continuer d&rsquo;acheter les denrées subventionnées et recevoir un transfert d&rsquo;argent mensuel d&rsquo;une valeur équivalente. Au début, beaucoup ont choisi le transfert d&rsquo;argent. Plus tard, lors de l&rsquo;évaluation, beaucoup d&rsquo;autres ont souhaité en faire autant. <strong>Bien qu&rsquo;une campagne politique ait été organisée, soumettant nos collaboratrices à des violences physiques, les résultats ont été très positifs, montrant une amélioration des conditions de vie.</strong></p>
<p>Dans le même temps, grâce au soutien financier de l&rsquo;UNICEF, nous avons lancé un projet pilote de plus grande ampleur dans l&rsquo;état du Madhya Pradesh. Dans huit villages, pendant 18 mois, chaque homme, femme et enfant a reçu un transfert d&rsquo;argent mensuel et inconditionnel. Plus de 5.500 villageois en ont bénéficié. Nous avons évalué les effets de ce programme en comparant avec des personnes vivant dans des villages similaires, lors d&rsquo;un<span style="color: #000000;"> test de contrôle aléatoire</span>.</p>
<p><a href="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/02/4831621968_fcf2e3b98c_b1.jpg"><img class="size-full wp-image-2593 aligncenter" title="4831621968_fcf2e3b98c_b" src="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/02/4831621968_fcf2e3b98c_b1.jpg" alt="" width="690" height="518" /></a></p>
<p>Ces expérimentations prennent du temps. La politique n&rsquo;attend pas. Il suffira de constater que les résultats de cette étude ainsi que ceux de la troisième expérimentation dans des villages tribaux sont encourageants. <strong>Même si le montant versé était très modeste, environ 30% de la somme nécessaire pour survivre, nous avons observé des améliorations sur le plan de la nutrition, la présence à l&rsquo;école et les résultats scolaires, le statut des femmes, l&rsquo;activité économique et l&rsquo;hygiène.</strong> Bon nombre de villageois nous ont dit vouloir remplacer les subventions par des transferts d&rsquo;argent. De plus en plus se sont rangés à cet avis après en avoir fait l&rsquo;expérience.</p>
<p>Ce qui semble se produire, c&rsquo;est que les fonds versés fournissent un pouvoir d&rsquo;achat et un sentiment de sécurité qui insufflent la confiance et donnent aux gens l&rsquo;impression d&rsquo;avoir plus de contrôle sur leur vie. Les effets positifs excèdent ainsi le montant du transfert.</p>
<h3>Récupération politique</h3>
<p>C&rsquo;est ce qui s&rsquo;est passé à Delhi qui est vraiment captivant. Ces derniers mois, on nous a demandé de former des fonctionnaires de haut rang, et cela leur a donné le courage de mettre les transferts d&rsquo;argent au cœur du débat national.</p>
<p><strong>En novembre, le Premier Ministre a annoncé à la télévision le lancement par le gouvernement d&rsquo;un programme de cash transfers, qui sera mis en place dans 51 circonscriptions en 2013 moyennant une augmentation du prix du kérosène.</strong> Les habitants recevront de l&rsquo;argent directement sur leur compte en banque. Pour ne pas être en reste, la <span style="color: #000000;">chef </span>du gouvernement <span style="color: #000000;">de Delhi a inauguré le 15 décembre un programme de transfert inconditionnel de fonds dans son État pour les personnes n&rsquo;ayant pas accès aux cartes BPL à cause du gel du nombre d&rsquo;allocataires. Il s&rsquo;est ensuivi un flot de commentaires médiatiques.</span></p>
<p>Le Parti du Congrès a été conquis. Ce mois-ci, la Présidente du parti, Sonia Gandhi, ainsi que le Premier Ministre et plusieurs membres du Cabinet, se sont rendus en hélicoptère dans un village pour y annoncer un programme de transfert de fonds devant une foule de 30.000 personnes.</p>
<p>Les politiques d&rsquo;aide sociale en Inde sont à un tournant. En opposition aux cash transfers, un groupe de partisans acharnés du PDS soutient un projet de loi concernant le droit à l&rsquo;alimentation, qui rendraient universels le PDS et les subventions alimentaires. Ils ont aussi organisé des manifestations agressives. Ils affirment que les aides sous forme de transferts directs aboutiraient à l&rsquo;abandon des services publics d&rsquo;aide sociale.</p>
<p><span><span><span style="color: #ff6600;"><span style="color: #000000;">Leur résistance est futile.</span> </span></span><span style="color: #000000;">Le PDS est littéralement pourri, comme l&rsquo;a reconnu la </span><span><span>chef du gouvernement </span><span>de Delhi. Les céréales sont souvent livrées dans des sacs contenant de petites pierres pour en augmenter le poids; souvent, les céréales et le riz sont avariés; souvent, les villageois parcourent de longues distances, pour se rendre compte qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de rations. Tout cela est passé sous silence. Qu&rsquo;ils quémandent, nous disent au fond les paternalistes.</span></span></span></p>
<h3>Une précipitation dangereuse</h3>
<p>Le risque à présent, est que dans la précipitation de l&rsquo;implémentation des cash transfers dans tout le pays, des erreurs de construction et une politisation excessive ne portent préjudice à l&rsquo;idée pour de nombreuses années. Voici une leçon pour les autorités. Dans les villages recevant le revenu de base, les paiements étaient un revenu supplémentaire, pas un revenu de substitution. Nous avons demandé à chaque personne d&rsquo;ouvrir un compte en banque dans les trois mois suivant leur premier transfert. Il y a eu des problèmes de départ prévisibles. Mais rapidement,  avec l&rsquo;aide de nos collègues, tout le monde a eu un compte. Pendant ce temps, les suspicions ont été levées et le soutien pour les cash transfers s&rsquo;est renforcé.</p>
<p><strong>Le gouvernement s&rsquo;y prend mal.</strong> Il augmente le prix d&rsquo;un produit subventionné, le kérosène, en disant aux gens qu&rsquo;ils recevront un compensation par le biais d&rsquo;une banque sur présentation d&rsquo;une carte d&rsquo;identité, l&rsquo;Aardaar. Mais, comme l&rsquo;a démontré le projet-pilote du gouvernement, <strong>beaucoup de gens vont y perdre à court terme car ils n&rsquo;ont pas compte en banque et ne pourront pas recevoir les fonds.</strong> Il y a là un risque de réaction négative.</p>
<p>La solution doit se fonder sur la réalisation du fait que, bien que les villageois sont dans une situation financière fragile, le gouvernement doit adopter une perspective à moyen terme. S&rsquo;ils mettaient en œuvre leur programme sur ces 51 circonscriptions en donnant des aides supplémentaires la première année tout en expliquant que chaque personne doit ouvrir un compte en banque pendant cette période, le coût fiscal serait moindre. La deuxième année, ils pourraient supprimer certaines subventions et partager les économies réalisées en dépensant un tiers de la subvention pour des transferts supplémentaires tout en conservant dans les coffres de l’État les deux tiers restants. Rappelons que la majeure partie de l&rsquo;argent dépensé en subventions ne parvient pas aux personnes qui devraient en bénéficier.</p>
<h3>Plaidoyer pour la dépolitisation de la réforme</h3>
<p>La sagesse va-t-elle l&rsquo;emporter? Il n&rsquo;y a pas lieu d&rsquo;être optimiste. Nous sommes dans une année préélectorale et le Congrès a l&rsquo;intention de faire des cash transfers ce qu&rsquo;un politicien de renom a appelé &laquo;&nbsp;un changeur de donne&nbsp;&raquo;, une mesure propre à lui faire gagner les élections. Cela va galvaniser l&rsquo;opposition. <strong>Tout le monde y gagnerait si seulement les politiciens avaient le bon sens de dépolitiser la réforme.</strong> Le gouvernement devrait mettre en place une commission indépendante des transferts d&rsquo;espèces qui serait chargée de superviser le processus et de s&rsquo;assurer que le montant des allocations est fixé selon des critères économiques et non pas augmenté juste avant les élections.</p>
<p>Comme il serait préférable que les allocations inconditionnelles, universelles et individuelles soient déployées doucement et sereinement! Nous savons que ce dispositif a fait une grande différence dans les vies des milliers de villageois qui ont participé à nos projets-pilotes. Nous avons entendu leurs récits, vu leurs enfants et analysé les données recueillies par nos collaborateurs sur le terrain. Il y a là une belle opportunité de transformer les politiques sociales en Inde. Espérons que les politiciens la saisissent.</p>
<hr />
<p>Crédits photo: <img title="Attribution" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Attribution" border="0" /> <a title="Flickr Ryan Ready" href="http://www.flickr.com/photos/ryanready/6899284791/in/photostream/" target="_blank">Ryan Ready</a> et <img title="Attribution" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Attribution" border="0" /><img title="Noncommercial" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Noncommercial" border="0" /><img title="No Derivative Works" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noderivs_small.gif" alt="No Derivative Works" border="0" /> <a title="Flickr Yumievriwan" href="http://www.flickr.com/photos/yumievriwan/4831621968/">yumievriwan</a></p>
<p><em>Tribune initialement publiée en anglais sur le site <a title="Can basic income cash transfers transform India?" href="http://binews.org/2013/02/opinion-can-basic-income-cash-transfers-transform-india/" target="_blank">Basic Income News</a> - Traduction de Marie-Laure Le Guen</em></p>
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		<title>Un nouveau mode de vie pour le 21ème siècle</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Feb 2013 16:20:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Paul Brasseur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Chômage]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Garantir  le revenu de base, c’est donner à l’individu une nouvelle liberté pour développer ses multiples talents. C’est lui donner le pouvoir et l'initiative et mettre en place un nouveau mode de vie pour le 21ème siècle. </p><p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/02/la-conquete-du-choix/">Un nouveau mode de vie pour le 21ème siècle</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Garantir  le revenu de base, c’est donner à l’individu une nouvelle liberté pour développer ses multiples talents. C’est lui donner le pouvoir et l&rsquo;initiative et mettre en place un nouveau mode de vie pour le 21<sup>ème</sup> siècle.</strong></p>
<p style="text-align: left;" align="center">Actuellement, le chômeur est jugé parce qu’il ne travaille pas ; celui qui a du travail est de plus en plus considéré comme un privilégié et le pensionné est regardé, soit comme quelqu’un qui a été rejeté trop tôt par la société, soit comme celui qui est enfin libre. Dans tous les cas de figure, le dénominateur commun est la liberté ou son absence.</p>
<h3>Manque de reconnaissance et de liberté</h3>
<p><strong>Le choix est l’enchanteur de la créativité</strong>, mais cette dernière est conditionnée par un revenu qui amène certaines personnes à des compromissions pour sauvegarder le lendemain. On peut alors se demander ce qui subsiste de la liberté et de la faculté de pouvoir se réaliser dans son travail.</p>
<p>Parce qu’il doit garantir sa survie et son niveau de vie, l’individu est contraint à s’adapter sans pour autant trouver les moyens de se projeter avec plaisir dans cette activité qu’il doit subir.</p>
<p>Or, l’homme est heureux lorsqu’il croit qu’il peut entreprendre et par là se sentir reconnu et utile pour produire, pour gérer la cohérence socio-économique par une action politique, pour échanger et promouvoir le culturel, pour développer de multiples activités familiales et de loisirs.</p>
<p>Ainsi, l’individu se réalise à travers une gamme d’occupations. <strong>L’être humain n’est pas en manque d’activités mais bien</strong> <strong>en manque de reconnaissance, de liberté et de protection financière.</strong></p>
<h3>L&rsquo;humanisme au cœur de l&rsquo;État de droit</h3>
<p>Si la recherche du revenu focalise toute l’activité, si la préparation à un travail salarié est l’unique objectif de la formation, on doit s’attendre à <strong>une baisse vertigineuse du capital social au profit d’une fuite en avant faite d’angoisse et de violence</strong>.</p>
<p>Et si en plus, la société ne construit que des systèmes peu cohérents qui favorisent la fraude, l’État de droit est en danger et l’avenir de nos enfants terriblement hypothéqué.</p>
<p>Créer un État de droit qui autorise l’accès à toute la gamme des activités humaines, c’est donner cette égalité des chances qu’il ne faut pas confondre avec un égalitarisme bêtement mathématique.</p>
<p><strong>Etablir à la vitrine de nos sociétés des ouvertures vers le développement des talents</strong>, c’est sauvegarder leurs valeurs de rareté et d’humanisme face à la robotisation des activités et des services. Il faudra toujours développer des qualités et des talents que la machine ne pourra jamais acquérir…</p>
<h3>Les conséquences du choix</h3>
<p>Aussi, garantir le revenu de base, c’est mettre l’individu sous une protection minimale qui lui permet de s’épanouir grâce à une allocation de temps. <strong>Alors, il devient possible pour lui de se développer d’une manière paisible dans le contexte d’un choix d’activités et de formations</strong>.</p>
<p>En conséquence, augmenter le choix et ainsi favoriser l’épanouissement ne signifie pas punir ceux qui choisissent de travailler beaucoup et produisent de la richesse, ni à l&rsquo;inverse culpabiliser ceux qui choisissent de travailler d’une manière non conventionnelle.</p>
<p>Il s&rsquo;agit :</p>
<ul>
<li>de gérer lucidement une dissociation de fait entre le travail et le revenu par l’octroi d’une allocation universelle ;</li>
<li>de reconnaître la valeur du temps en garantissant un revenu d’existence car tout choix est finalement un choix d’allocation de temps ;</li>
<li>d&rsquo;avoir une politique économique délibérément orientée vers la croissance du revenu plutôt que la croissance du travail sans dignité humaine, car avec un revenu limité le choix n&rsquo;est pas disponible ;</li>
<li>de dégager le travail et le loisir du sentiment de culpabilité qui diminue toujours le choix – il vaut mieux réserver ce sentiment aux grandes catégories morales que sont le droit et la justice ;</li>
<li>de refuser de mettre des conditions à l’octroi du revenu de base afin de donner la liberté de choix ;</li>
<li>d&rsquo;avoir une politique d’éducation et d’insertion résolument tournée vers l’augmentation des talents multidimentionnels.</li>
</ul>
<p><strong>Voilà énumérées les conditions nécessaires, croyons-nous, à la conquête  d’une liberté.</strong></p>
<p>Ainsi l’activité humaine sera-t-elle déployée sur un large spectre autorisant le choix et l’enchantement de la vie, antidotes puissants contre l’ennui, la violence et la morosité.</p>
<p><strong>L’homme espère quand il croit qu’il peut. </strong>Lui donner du pouvoir et de l’initiative, c’est mettre en place, par contagion, un nouveau mode de vie pour le 21<sup>ème</sup> siècle et sauvegarder un État de droit fort, promoteur d’humanisme et de capital social.</p>
<hr />
<p>Crédit photo: <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/"><img title="Attribution" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Attribution" border="0" /><img title="Noncommercial" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Noncommercial" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/gl00p/5544254652/">Jessica Tardif</a></p>
<p>Ce texte est inspiré du livre : <em>« De la défaite du travail à la conquête du choix »</em> de B. Jarosson et M. Zarka, paru aux éditions Dunod.</p>
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		<title>Nous profitons tous du travail des morts</title>
		<link>http://revenudebase.info/2013/01/nous-profitons-tous-du-travail-des-morts/</link>
		<comments>http://revenudebase.info/2013/01/nous-profitons-tous-du-travail-des-morts/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 22 Jan 2013 10:15:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Eric Hyafil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Argumentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Chômage]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Certes, les bénéficiaires de revenus de transfert profitent du travail des autres. Mais n'est-ce finalement pas le cas de tout le monde ? Nous sommes tous bénéficiaires d'une richesse que nous n'avons pas créé : le capital commun.</p><p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/01/nous-profitons-tous-du-travail-des-morts/">Nous profitons tous du travail des morts</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;" align="center"><strong>Certes, les bénéficiaires de revenus de transfert profitent du travail des autres. Mais n&rsquo;est-ce finalement pas le cas de tout le monde ? Nous sommes tous bénéficiaires d&rsquo;une richesse que nous n&rsquo;avons pas créée : le capital commun.</strong></p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong></strong>On entend souvent dire que les bénéficiaires de revenus de transfert sont des assistés et qu&rsquo;ils vivent des revenus issus du travail des autres.</p>
<p style="text-align: left;" align="center">En disant cela, on occulte le fait que les bénéficiaires de ces revenus de transfert participent aussi à la création de richesse : ils s’occupent de leurs enfants qui seront les travailleurs de demain, ils participent à des réseaux d’entraide, ils sont bénévoles dans des associations ou militent politiquement, ils participent à la vie sociale de la cité, ils travaillent à une œuvre artistique ou ils préparent un projet d’entreprise. Bref, <strong>ils participent à des activités qui créent de la richesse</strong>, même s’il est vrai que certains restent chez eux à regarder la télévision ou jouer à la Playstation, sans parler des activités illégales.</p>
<h3 style="text-align: left;" align="center">Une question de point de vue?</h3>
<p>Pour certains, les activités citées ci-dessus ne créent pas de richesse car elles ne donnent pas lieu à un revenu. Pour eux, ne peut être appelé richesse que ce qui est monétisable, c&rsquo;est-à-dire ce qui a une valeur d’échange. Et souvent, les mêmes croient au « <em>mythe de la contributivité </em>», l’idée selon laquelle il y a et il doit y avoir « <em>équilibre (supposé « de justice ») entre rémunération et contribution productive</em> » (Ferry, <em>L’allocation universelle</em>, 1996).</p>
<p>Les revenus de solidarité seraient des revenus d’assistance reposant sur le travail des autres. Sur le plan comptable, ils ont évidemment raison : ces revenus sont financés par les prélèvements obligatoires, auxquels les revenus du travail sont assujettis. De ce point de vue, il est vrai que les bénéficiaires de revenus de transfert vivent du travail des autres, de ceux qui perçoivent un salaire.</p>
<h3>Le travail d&rsquo;aujourd&rsquo;hui repose sur l&rsquo;innovation d&rsquo;hier</h3>
<p>Creusons tout de même un peu plus cette question. Admettons que les revenus de la redistribution reposent sur le travail des autres, et ce d’autant plus qu’ils ont un revenu élevé et donc paient des impôts élevés.</p>
<p>Mais le salaire du travailleur (mettons à part le capitaliste) provient-il uniquement de son travail ? <strong>Peut-on dire que son revenu est purement proportionnel à sa contribution à la production de richesse ?</strong> Au sein de la même entreprise, si l’ingénieur qui met au point une innovation gagne 10 fois plus que l’ouvrier qui la met en œuvre, cela signifie-t-il que l’ingénieur produit 10 fois plus de richesse que l’ouvrier, alors que le travail du premier serait inutile sans le travail du second ? Cette question fait débat et nous n’y répondrons pas.</p>
<p>En revanche, à l’échelle inter-temporelle, la question prend un sens nouveau. Si l’ingénieur ou l’ouvrier d’aujourd’hui ont un salaire trois fois supérieur respectivement à l’ingénieur et à l’ouvrier des années 1950, serait-ce parce qu’ils produisent chacun 3 fois plus de richesse que leur homologue des années 1950 ? Et si oui, serait-ce parce que le travailleur d’aujourd’hui est trois fois plus travailleur, trois fois plus ingénieux et donc trois fois plus méritant que le travailleur d’hier ?</p>
<p>Il faut répondre oui à la première question et non à la deuxième. <strong>Oui le travailleur d’aujourd’hui est trois fois productif. Mais non, ce n’est pas lié à son propre mérite, au fait qu’il travaillerait trois fois plus ou qu’il serait trois fois plus ingénieux.</strong></p>
<p>Si l’ingénieur et l’ouvrier sont plus productifs, c’est justement grâce au travail que leurs homologues ont réalisé depuis les années 1950 : grâce aux routes, aux chemins de fer et autres infrastructures construites depuis lors, aux machines qui font gagner du temps au travailleur et qui ont été mises au point et fabriquées par les travailleurs du passé, et surtout grâce aux savoirs et aux innovations réalisées par les scientifiques et les inventeurs depuis plus de deux siècles.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/01/2160007695_602132531b_b.jpg"><img class="size-full wp-image-2497 aligncenter" title="2160007695_602132531b_b" src="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/01/2160007695_602132531b_b.jpg" alt="" width="690" height="920" /></a></p>
<p>Cela explique aussi pourquoi, avec le même effort et les mêmes talents, le travailleur dans les pays développés gagne beaucoup plus que celui des pays en développement. Comme aime à <a href="http://blogs.reuters.com/great-debate/2011/09/22/why-the-wealthy-don’t-object-to-obama’s-“class-warfare”/">le rappeler</a> l&rsquo;homme d&rsquo;affaires américain <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Warren_Buffett">Warren Buffett</a>, «<em> Si vous me parachutez au fin fond du Pérou ou du Bangladesh, vous verrez combien ce talent peut produire dans un contexte défavorable </em>»[1].</p>
<p><strong>Ainsi le travailleur des pays développés aujourd’hui &#8211; comme le capitaliste d’aujourd’hui &#8211; vit lui aussi sur le travail des autres : celui des ouvriers et des ingénieurs des siècles passés.</strong></p>
<h3>Un capital commun à partager</h3>
<p>Serait-il alors justifié que la richesse monétaire issue des ces investissements physiques et scientifiques réalisés dans un passé lointain ne soit distribuée qu’aux apporteurs de capitaux (sous forme de profit) et aux travailleurs (sous forme de salaire) d’aujourd’hui, excluant de fait ceux qui n’ont pas de travail rémunéré ?</p>
<p>Non, car <strong>ces savoirs et ce capital physique sont un capital commun qui ne saurait être approprié par une minorité sans compensation versée aux autres.</strong> Cet argument rejoint celui de <a title="tom paine revenu de base" href="http://monnaielibre.creationmonetaire.info/monnaie-libre-n18-thomas-paine-et-le-revenu-de-base/">Thomas Paine</a>, pour qui l’accaparement des terres productives par des producteurs capitalistes en Angleterre entre le XVIème et le XVIIIème siècle (le mouvement des enclosures) doit donner lieu à une compensation versée à tous, la terre étant un bien commun.</p>
<p>Soulignons ici que ce raisonnement ne remet aucunement en cause  la possibilité pour une entreprise de tirer profit d’un investissement productif ou d’une innovation protégée par un brevet, jusqu’à ce que cette innovation tombe dans le domaine public. Il s&rsquo;agit bien d&rsquo;investissements et d’innovations scientifiques réalisés dans un passé suffisamment lointain pour qu’ils ne puissent légalement être appropriés par un individu ou une entreprise.</p>
<h3>Un revenu pour tous, c&rsquo;est un droit</h3>
<p>Ainsi les revenus de la redistribution trouvent-ils ici <strong>une justification autre que celle de la solidarité.</strong> Ces revenus sont un droit dans la mesure où les innovations scientifiques et les investissements productifs réalisés dans le passé, tout comme les ressources naturelles, ne sauraient être légitimement accaparés par une minorité. <strong>La valeur marchande qu’ils permettent de créer doit donc revenir à tous.</strong></p>
<p>Notre revenu à tous – ceux qui reçoivent un salaire comme ceux qui n’en reçoivent pas – repose sur ce travail passé et ces ressources naturelles. A ce titre, de tels revenus devraient être universalisés sous la forme d’un revenu de base, qui doit être compris comme un droit universel et non pas un revenu de solidarité.</p>
<div>
<hr />
<div>
<p>[1] <a href="http://blogs.reuters.com/great-debate/2011/09/22/why-the-wealthy-don’t-object-to-obama’s-“class-warfare”/">Citation originale</a> en anglais: “If you stick me down in the middle of Bangladesh or Peru, you’ll find out how much this talent is going to produce in the wrong kind of soil.”</p>
</div>
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<p> Crédits photo: <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/"><img title="Attribution" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Attribution" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/giuli-o/3421333361/in/photostream/">Giuli-O</a> et <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/"><img title="Attribution" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Attribution" border="0" /><img title="Noncommercial" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Noncommercial" border="0" /><img title="No Derivative Works" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noderivs_small.gif" alt="No Derivative Works" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/artisandhu/2160007695/">Arti Sandhu</a></p>
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		<title>Citoyen ou salarié à vie ? Analyse critique du &#171;&#160;salaire à vie&#160;&#187; de Bernard Friot</title>
		<link>http://revenudebase.info/2013/01/revenu-salaire-vie-friot/</link>
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		<pubDate>Wed, 09 Jan 2013 10:54:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédéric Bosqué</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[bernard friot]]></category>
		<category><![CDATA[débat]]></category>
		<category><![CDATA[émancipation]]></category>
		<category><![CDATA[production]]></category>
		<category><![CDATA[salaire à vie]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Revenu de base ou salaire à vie ? Frédéric Bosqué explique dans cette tribune les différences entres les deux propositions et propose un débat avec les partisans du projet de Bernard Friot.</p><p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/01/revenu-salaire-vie-friot/">Citoyen ou salarié à vie ? Analyse critique du &laquo;&nbsp;salaire à vie&nbsp;&raquo; de Bernard Friot</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Revenu de base ou salaire à vie ? Les désaccords entre les défenseurs des deux projets ne sont pas que d&rsquo;ordre sémantique. En effet, c&rsquo;est deux visions de la société qui s&rsquo;affrontent. Frédéric Bosqué revient dans cette tribune sur ce qui sépare le revenu de base du salaire à vie de Bernard Friot, mais aussi sur ce qui rassemble les militants de chacune des propositions.</strong></p>
<p>Depuis plusieurs mois, j’entends, je lis, je vois des informations qui circulent autour du salaire à vie de Bernard Friot et de son « <a title="salariat friot" href="http://www.reseau-salariat.info/">réseau Salariat</a> ». Plusieurs de mes ami-e-s m’ont même dit, en s’appuyant sur les dires de son géniteur ou de ses volontaires, que salaire à vie et revenu de base seraient en quelque sorte de la même famille et que rien de vraiment significatif ne les séparerait si ce n&rsquo;est leur appellation « revenu » et le « de base »… rien que ça.</p>
<p id="magicdomid703">En me référant à son livre <em><a title="salaire à vie" href="http://www.alternatives-economiques.fr/l-enjeu-du-salaire_fr_art_1147_58733.html">L&rsquo;enjeu du salaire</a> (</em>en particulier les pages 167 à 170), et à son <a title="bernard friot chomage salaire à vie" href="http://www.actuchomage.org/2011021914312/L-actualite-du-site/zoom-sur-le-salaire-a-vie.html">interview vidéo</a> en deux parties sur le site <em>Actus Chômage</em>, je voudrais remettre, entre revenu de base et salaire à vie, une perspective de choix civilisationnel afin de regarder si ces deux propositions sont si proches l’une de l’autre ou si leurs directions nous conduisent vers deux avenirs très différents. Ainsi, chacun pourra au mieux, dans le présent, choisir un salaire ou un revenu en fonction de l’avenir vers lequel il conduit, voire peut être un mix entre les deux, sait-on jamais !</p>
<h3>Un simple aménagement de la société de production</h3>
<p id="magicdomid706">Soyons d’accord au moins sur un point : je n’ai rien &laquo;&nbsp;contre&nbsp;&raquo; Bernard Friot que je n’ai pas le plaisir de le connaître. Et il va sans dire, mais c’est mieux en l’écrivant, que rien dans ce que je dirai ne portera atteinte à ce qu’il est. Je ne pense pas non plus qu’il a tort ou que j’ai raison. Je pense qu’il s’agit plutôt, en tout cas pour moi, d’un désaccord profond dans le sens d’un accord inharmonieux entre la civilisation proposée en fin de compte par un salaire à vie, et celle d’un revenu de base inconditionnel.</p>
<p>Je pense qu’au-delà du nom de chaque proposition s’ouvrent des perspectives radicalement différentes, &laquo;&nbsp;radical&nbsp;&raquo; étant pris ici dans le sens de profond. En effet, le salaire à vie décrit par le réseau salariat, est pour moi un aménagement de la société de production au profit de l’une de ses composantes : les salariés. Il est une réaction à la prise de pouvoir excessive, sur ce point nous sommes d’accord, d’une autre partie prenante de la société de production : les actionnaires. Personnellement, je ne ferai pas le choix de l’un contre l’autre, car les deux sont nés avec la société de production et les deux disparaîtront avec elle.</p>
<p>Rien de très nouveau d&rsquo;ailleurs, puisque déjà en 1905, la charte d&rsquo;Amien confirmait l&rsquo;article 2 constitutif de la C.G.T. : &laquo;&nbsp;<em>« La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour <strong>la disparition du salariat et du patronat</strong> »</em> ! C&rsquo;est d’ailleurs pour cela, me rappelait mon ami <a title="viveret utopie" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Viveret">Patrick Viveret</a>, que le mouvement avait pris pour nom &laquo;&nbsp;mouvement ouvrier&nbsp;&raquo;, ouvrier faisant référence à l&rsquo;Oeuvre comme projet de vie et non un simple emploi salarié. Loin de tirer la couverture, à droite ou à gauche, du lit de la société de production où nous nous sommes endormis à moitié, le revenu de base, lui, nous en sort… du lit ! Il nous appelle à nous réveiller et nous entraîne pas à pas vers une nouvelle société, celle de l’émancipation. Je pense, mais je peux me tromper, qu’il y aura autant de différences entre la social-démocratie, la civilisation actuelle, et l’ancien régime qu’il y aura de différences entre la social-démocratie et la société de l’émancipation.</p>
<p id="magicdomid711">C’est ce choix qu&rsquo;ont fait les défenseurs du revenu de base. C’est pour cela qu’ils refusent de se faire enfermer dans toute idéologie, qu&rsquo;elle soit libérale, socialiste ou écologiste, même si chacun milite dans un parti ou une organisation se référant à l’une ou l’autre de ces idéologies, voire à aucune ou plusieurs d&rsquo;entre elles. Ils ont bien compris que l’évolution de la vie va vers l’individualisation des consciences, vers leur émancipation et que cette autonomie ne se gagnera pas contre les autres parties prenantes de notre société mais avec elles.</p>
<p>C’est pour cela qu’ils appellent de tous leurs vœux une compréhension mutuelle, une réconciliation de toutes les parties prenantes de notre société. Car si nous avons choisi la république (Res Publica, la chose publique) ET la démocratie (le gouvernement par le plus grand nombre) c’est parce que nous voulons, dans la diversité, continuer à vivre ensemble. En fait, le message profond des défenseurs du revenu de base est que <strong>chacun puisse expérimenter le chemin de son propre bonheur</strong> dans le respect des humains et de la nature. Préserver le bien commun et étendre nos libertés individuelles, voilà le projet civilisationnel du revenu de base. Mettre fin à l’utilisation de l&rsquo;humain comme prothèse à vie de l’appareil de production et l&rsquo;utilisation de la nature comme son support, voilà leur engagement Politique avec un grand P comme dans « PAIX ». J’attends avec une certaine impatience, le projet civilisationnel et l’engagement politique des défenseurs du salaire à vie.</p>
<p id="magicdomid868">Je vais donc essayer, au travers de la lecture de leurs écrits, de mettre en avant nos différences, non pas pour nous opposer de façon stérile mais pour mettre clairement sur la table les objets de notre dispute, dans le sens élevé auquel l’entendaient nos ancêtres Grecs et plus particulièrement leurs philosophes. C’est à partir de ces éléments saillants que je nous invite à entrer en dialogue, quand et où nous le voudrons, mais dans tous les cas, dans un esprit de fraternité qui sied à ceux qui aspirent à l’émancipation humaine.</p>
<h3><strong>Salaire à vie et revenu de base sont inconditionnels</strong></h3>
<p id="magicdomid873">Les défenseurs du revenu de base ont dû souvent faire face à diverses propositions qui se revendiquaient de la même famille qu’eux. Afin de bien distinguer chacune d’entre elles,  ils ont établi une grille de test simple auquel nous allons aussi soumettre le salaire à vie :</p>
<p id="magicdomid729">1.     Un salaire à vie est il inconditionnel ? Non, il est versé sous condition de majorité. Il faut avoir 18 ans.</p>
<p id="magicdomid731">2.     Le salaire à vie est-il égal pour tous ? Non, il est fonction d’une échelle de qualification qui compte quatre niveaux. Il y a bien une différence entre les humains et cette différence est exprimée par leurs niveaux de qualification. Mais par rapport à quoi ? par rapport à leur appartenance à l’appareil de production marchand.</p>
<p id="magicdomid733">3.     Le salaire à vie est-il versé de la naissance à la mort ? Non, nous l’avons vu, nouvelle distinction entre les humains : un mineur n’est pas un « vrai » humain.</p>
<p id="magicdomid735">4.     Le salaire à vie est-il cumulable ? Oui, puisque les niveaux de qualification s’empilent.</p>
<p id="magicdomid875">5.     Le salaire à vie est-il inaliénable ? Je n’ai pas trouvé de réponse à ce sujet.</p>
<p id="magicdomid877">Le salaire à vie n’est donc pas inconditionnel, il n’est pas non plus égal pour tous, il n’est pas versé de la naissance à la mort, il est par contre cumulable.</p>
<p id="magicdomid879">Mais pour autant, je le considère comme le plus proche cousin de nos revenus d’existence, de base, de vie, inconditionnels ou autres allocations universelles ou citoyennes … car comme eux, il est irréversible et laisse à penser que chacun, avec lui, pourra enfin un jour choisir son activité indépendamment du revenu en monnaie qu’il en tirera.</p>
<p id="magicdomid749">Nous avons donc une base commune ! Soyons heureux nous avons donc à partir de cette base commune une forte perspective d’amélioration !</p>
<h3><strong> « Salaire » ou « Revenu », du Mineur à vie au Majeur de base</strong></h3>
<p id="magicdomid884"><em>« L&rsquo;attribution à chacun, à sa majorité, du premier niveau de qualification, reconnaît la potentialité de participer à la création de valeur économique</em> » nous dit Bernard Friot.</p>
<p id="magicdomid886"><a href="http://www.alternativeshumanistes.info/"><img class="alignleft  wp-image-2357" title="L'alternative Humaniste" src="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/01/CELL_PAGE.CELL_Cellule5.VIG_couverture.jpg" alt="" width="250" height="418" /></a>Je suis en désaccord profond avec cette phrase qui encore une fois ne peut voir un humain autrement que comme prothèse à vie de l’appareil de production. Je refuse toute forme d’aliénation, qu’elle soit issue d’un collectif ou d’un individu. Un humain naissant ne sera jamais « un potentiel de participation à la valeur économique ». Il est bien plus que cela.</p>
<p>C’est quand même hallucinant qu’au XXIème siècle, on ne puisse comparer les humains entre eux que comme exerçant, même potentiellement, une activité de production dans le but de vendre cette production contre de la monnaie sur un marché ! À cette réduction de l’humain, à sa qualité de travailleur à vie, pire de salarié à vie, le revenu de base oppose une vision émancipatrice. Le revenu de base n’est pas versé parce que nous avons des capacités à produire mais simplement parce que nous existons. Le petit d’humain est accueilli pour lui-même, sans condition ni comparaison. Il est le même pour tous, il ne t’est pas donné pour ce que tu vas faire pour la société, vision utilitariste et matérialiste de l’humain et il n’est pas lié non plus à ton mérite personnel, vision élitiste et individualiste de l’humain.</p>
<p id="magicdomid888">Ici commence la raison pour laquelle nous disons revenu et pas salaire. Un revenu me revient, et justement il se trouve que le revenu de base me revient car il est un droit nouveau à jouir du patrimoine commun de toute l’humanité qui ne se réduit pas à celle qui occupe cet espace et ce temps mais qui s’étend à celle qui occupe tous les temps et tous les espaces. Depuis <a title="bresson revenu existence" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Yoland_Bresson">Yoland Bresson</a>, nous savons que quel que soit son niveau de qualification, un geste technique n’a de valeur marchande que dans le champ économique dans lequel il est inscrit. Et ce champ économique n’a pas été créé que par l’individu qui accomplit cet acte marchand, ni par la génération actuelle qui l’a mis au monde, mais aussi par toutes celles et ceux qui nous ont précédés. Ainsi ce capital humain (je sais que ça va hérisser les poils de certains, mais bon autant mettre sur la table ce qui n’y est pas encore !), n’appartenant à personne, appartient à tous et nous devrions nous le répartir de façon strictement égalitaire.</p>
<p>Le revenu de base est donc un revenu qui me revient indépendamment de ceux qui me gouvernent, de ceux qui me font travailler, de ceux qui défendent mes droits et même de ceux qui m’ont donné la vie, voire indépendamment de mes propres talents.<strong> C’est en cela que le revenu de base est émancipateur de toutes les conditions qui s’exercent sur notre libre arbitre</strong>, qu&rsquo;elles soient génétiques, psychologiques, culturelles, structurelles, voire conjoncturelles.</p>
<p id="magicdomid767">Oui, un salaire n’est pas un revenu, justement. Le salaire est né avec l’industrialisation de la production et l‘apparition de la machine. Pour moi, il n’est que la forme moderne de l’esclavage. D’ailleurs en droit, il implique un lien de subordination avec son employeur. Le salaire est souvent fonction du marché du travail, comme il existait à l’époque le marché des esclaves. Bien sûr, je ne nie pas la profonde influence positive qu’il a eu sur les conditions de travail grâce aux luttes sociales pour le faire croître, mais j’en dénonce le tréfonds aliénant. Que ce soit sous la domination des salariés qui fixeront son niveau, ses paliers, ses épreuves et son mérite, ou que ce soit sous sa domination actuelle liée aux actionnaires qui conditionnent ce qu’ils laissent aux salariés ; dans les deux cas ce sont des parties prenantes de la société de production qui le fixeront à partir d’une production marchande vendue sur un marché contre de la monnaie.</p>
<p id="magicdomid771">Je ne pousserai pas plus loin la comparaison. Retenons seulement que si nous voulons vraiment poursuivre l’émancipation de l’Humain, en préservant la diversité de ses activités marchandes ou non selon ses aspirations, <strong>le revenu ne doit plus dépendre d’aucun pouvoir, qu’il soit privé ou public</strong>, mais d’une décision constitutionnelle votée par une majorité qualifiée qui octroie sans condition un revenu à tout citoyen dès sa naissance et jusqu’à sa mort. Ce revenu inaliénable, égal pour tous, doit lui permettre de dire « oui » ou « non » à une activité marchande. Ce nouveau droit nous fera entrer dans une société nouvelle. Il changera profondément les rapports sociaux et mettra fin à ce chantage à la faim qu’exercent les parties prenantes de la société de production sur tous les humains et l&rsquo;exploitation suicidaire de la nature et de toutes ses formes de vie.</p>
<h3 id="magicdomid894"><strong>« A vie » ou « de base » : du déterminisme au libre arbitre</strong></h3>
<p id="magicdomid775">Je ne serai donc jamais un mineur à vie ! Je suis un majeur de base. Ce n’est pas parce qu’une société de chats fera naître un chien que le chien deviendra un chat ! Nous devons nous organiser pour que chacun trouve sa place dans notre république, et que croissent Liberté, Égalité et Fraternité ensemble… entre chiens et chats !</p>
<p>Bernard Friot nous dit :</p>
<blockquote>
<p id="magicdomid781"><em>Les ressources relèvent de deux chèques, celui du revenu de base et le second obtenu sur le marché du travail. L&rsquo;emploi demeure donc bien la matrice du travail, même si un forfait vient reconnaître la contribution au travail du hors-emploi</em></p>
</blockquote>
<p id="magicdomid785">Oui et non ! Certes, la (r)évolution de l’instauration d’un revenu de base met en évidence, en effet, deux revenus. Un revenu d’activité lié à ma participation individuelle à la production d’un bien, d’un service ou d’une information, vendue ensuite sur un marché, et un revenu d’existence non lié à ma participation directe à la production marchande mais indexé sur elle.</p>
<p id="magicdomid789"><strong>Le but du revenu de base n&rsquo;est pas de modifier la nature du revenu d&rsquo;activité.</strong> Que ceux qui veulent produire des biens, des services et de l’information, qui vont être vendus ensuite sur un marché en monnaie, s’arrangent entre eux ! Il y a pour cela la loi, les droits, et tout ce qui est nécessaire pour répartir en monnaie le fruit de cette production marchande. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, je dis qu’ils décident entre eux. Pour ma part, je pense qu’il faut étendre la démocratie au marché et pour cela je me battrai pour que toutes les parties prenantes de l’économie participent aux choix de la répartition de ce qu’ils ont produit et que jamais l’une d’entre elles ne décide sans les autres.</p>
<p>L’histoire nous a montré et nous montre encore aujourd’hui les excès possibles issus de la volonté de toute puissance de chacune des parties prenantes de la société de production : clients, fournisseurs, salariés, actionnaires, société civile&#8230; Pour ce faire il nous faudra même changer la loi, car il n’existe pas un droit de l’entreprise mais seulement un droit des sociétés de capitaux. Même les SCOP sont soumises au droit des sociétés de capitaux. Il n’existe aucune possibilité, en droit, d’entreprendre sans que le centre de l’entreprise soit un capital en monnaie ! Mais ce n’est pas ici le lieu de débattre de ce thème et justement, ce n’est pas le champ d’engagement du revenu de base.</p>
<p id="magicdomid793">Le sujet du revenu de base est de créer un nouveau type de revenu pour tous les humains indépendamment de leur participation à une activité marchande. <strong>Un revenu d’existence qui donne le droit de choisir une activité grâce à ce revenu, et non pour en avoir un</strong>. Le sujet du revenu d’existence, qui un jour sera un revenu d’autonomie, c’est le pouvoir de chaque citoyen de dire « oui » ou « non » à une activité marchande. Son sujet, c’est le « JE » au cœur du « NOUS ». Nous pensons que l’on peut tout à fait vivre et se développer en relocalisant sa production voire en la démonétisant pour en user directement ou l’échanger gracieusement. Nous pensons que de plus en plus d’activités « de base » nécessaires à la vie engendrent une abondance qui n’est limitée « à vie » que par leur monétisation et leur appropriation par certaines parties prenantes de la société de production. Nous revendiquons le droit d’exister et de créer, indépendamment de la monétisation que nos activités engendrent. Seul un découplage des revenus des seules activités marchandes permettra cette métamorphose vitale de notre civilisation marchande en une civilisation humaine fondée à la fois sur la préservation de notre bien commun ET sur l’extension de nos libertés individuelles.</p>
<h3>Pour un nouveau contrat social</h3>
<p id="magicdomid797">Le contrat social implique que nous abandonnions une partie de notre liberté individuelle au profit d’une volonté commune constituée en association. C&rsquo;est elle qui préserve mes droits individuels contre toutes les parties prenantes de la société. En particulier elle est là pour m&rsquo;assurer de la jouissance durable du bien commun nécessaire à la vie. Mais aujourd’hui, nous sommes contraints à produire bien plus que ce qui nous est suffisant, en raison de ce chantage à la faim qui, par le salaire, nous met un anneau dans le nez. <strong>Seule une déconnexion du revenu de l’activité marchande viendra à bout de ce nouvel esclavage. </strong>Ce lien toujours clair entre salaire et production marchande, entre salaire et utilité sociale, doit être coupé définitivement, par un revenu d’existence ou de base. Le revenu d’activité, lui, restant assis sur cette production marchande qu’il soit salarial ou non.</p>
<p>Àl&rsquo;inverse du Salaire à vie qui rattache clairement son niveau à <strong>une qualification qui est fonction de l’appareil de production</strong>.</p>
<p><img class="alignnone  wp-image-2380" title="contrat-social" src="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/01/contrat-social.jpg" alt="contrat social revenu" width="690" /></p>
<p id="magicdomid801">Aujourd’hui, la société de production est capable de produire bien plus que le nécessaire. Et pourtant, partout dans le monde, des humains meurent de faim, de froid, d’ignorance et de maladie pendant que d’autres remplissent leur coffre et leur caddie d’objets inutiles à la vie. Avec 80 milliards de dollars, on met fin à la misère. Soit la bagatelle de 0,01 % des transactions financières dans le monde des actionnaires, 10% du budget militaire mondial des états, ou encore 100% du budget de la nourriture pour animaux domestiques en 2010. Une crise de valeurs ? Oui mais pas financière ! Les volontaires du revenu de base ne sont pas là pour s’immiscer dans<em> </em>les combats éternels que se livrent ceux qui ne veulent pas produire et échanger sans contrepartie à leur travail, mais leur cause est celle de ceux qui depuis longtemps pensent en termes de gratuité, de fraternité, de liberté, de justice, d’émancipation et d’abondance.</p>
<p id="magicdomid805">Bien sûr, il faut mettre fin à l’injustice sociale, aux conditions de travail ignobles auxquelles sont soumises certains salariés dans le monde, le viol outrancier de la nature et de ses formes de vie, la guerre économique que se livrent des entreprises exsangues car soumises à une demande solvable sans cesse réduite par la productivité des machines, l’intensification des cadences et l’appropriation fanatique des acteurs financiers de la monnaie nécessaire à faire circuler les richesses réelles. Un simple revenu « de base », permettant à terme de dire « oui » ou « non » à une activité marchande serait un signal majeur pour remettre chacun à sa place. Les rapports sociaux changeraient profondément et chacun pourrait enfin refuser un emploi pour prendre une activité marchande ou non marchande de son choix. Cumulable avec toute forme de revenu, qu’il soit salarial ou non, chacun pourrait choisir, en fonction de son aversion aux risques, l’activité qu’il voudrait conduire et le niveau nul, légitime ou excessif des contreparties qu’il voudrait en échange de ses talents.</p>
<h3><strong>Transition VS révolution</strong></h3>
<blockquote>
<p id="magicdomid811"><em>« Tous les changements révolutionnaires dans la définition du travail abstrait qu&rsquo;opère déjà le salaire à vie continuent à être niés, a fortiori, par ce que rend possible le salaire universel. » nous dit Bernard Friot</em></p>
</blockquote>
<p id="magicdomid815">Dans un processus de changement profond et vital d’une organisation, que ce soit un foyer, une entreprise, ou la communauté mondiale, l’important n’est pas ceux qui vont s’adapter aux nouvelles règles mais ceux qui ne vont pas s’y adapter. La question de fond sera : comment la nouvelle organisation va-t-elle intégrer la plus grande diversité possible pour continuer sa progression sans vivre une douloureuse «contre-révolution »? De toute façon, dans un cas comme dans l’autre, l’organisation devra intégrer ce qui est devenu nécessaire à sa survie ou bien elle périra. Jared Diamond nous a montré dans son livre <a title="jared diamond effondrement écologie" href="http://developpementdurable.revues.org/2958"><em>Effondrement</em></a> que le manque de cohésion sociale et l’incapacité à consommer les ressources au rythme de leur renouvellement sont les deux causes les plus fréquentes de disparition des civilisations qui nous ont précédées.</p>
<p id="magicdomid819">C’est pour cette raison, mais c’est un choix personnel, que j’ai abandonné toute forme de révolution au profit de la transition, quoiqu’une transition soit une (r)évolution mais avec un changement d’ère ! Cela fait 27 ans que je suis un volontaire engagé pour remettre la finance au service de l’économie et l’économie au service de la vie. Je suis engagé avec mes ami-e-s pour l’instauration d’un revenu de base inconditionnel pour tous. Je suis également engagé (entre autres) pour une réappropriation de la monnaie par les citoyens dans le <a title="sol monnaie locale" href="http://www.sol-reseau.org/">mouvement &laquo;&nbsp;Sol&nbsp;&raquo;</a>, que Patrick Viveret a initié. Je pense donc appartenir à la même famille des humains progressistes qui ne peut se réduire à la seule « gauche marxiste».</p>
<p id="magicdomid823">Qu’est-ce qui est commun à tous mes engagements ? La volonté de réunir tous les camps, de les faire dialoguer, de faire en sorte que chacun sorte du camp dans lequel il est né ou dans lequel les évènements de sa vie l’ont placé. L’objectif est de trouver à nouveau un centre de l‘union, où les volontaires de chaque camp pourront à nouveau trouver les causes et non plus les cibles de nos problèmes communs et bâtir enfin les bases d’une nouvelle civilisation plus humaine et plus respectueuse de la nature. Tous sont les bienvenus pour surpasser la souffrance et la douleur humaine et engendrer la poursuite de l’émancipation humaine !</p>
<p id="magicdomid919">Il s&rsquo;agit d&rsquo;accueillir tous ceux qui veulent mettre fin à ces passions archaïques d&rsquo;accumulation sans mesure, de spoliation systématique,  de pouvoir  unilatéral sur les autres, de production sans régulation, d&rsquo;exclusion bestiale et la liste pourrait s&rsquo;étendre quasiment à l’infini tant notre culture colporte encore de germes propices à la régression humaine. Il s&rsquo;agit de donner la chance à chacun de prendre un nouveau départ, de ne plus répéter le passé, d&rsquo;opérer sa métamorphose, de passer de la chenille au papillon ! Et ce sont toutes ses chenilles en cours de transition qui sont la société en transition. C&rsquo;est à chacun d&rsquo;entre nous d&rsquo;élever ses comportements au niveau de ses valeurs  et d&rsquo;aider les autres à faire de même. Comme le dit Gandhi : &nbsp;&raquo; Sois le changement que tu veux voir dans le monde&#8230;&nbsp;&raquo;.</p>
<h3>Invitation au dialogue</h3>
<p id="magicdomid831">La dispute (toujours au sens grec) et le dialogue que je propose à nos camarades du « Salaire à vie », se résume à deux constats temporaires sur le revenu de base et le salaire à vie.</p>
<p id="magicdomid835">Par son caractère modeste « de base », le revenu de base procède par transition en faisant gagner progressivement toutes les parties prenantes de la société de production. Le fait que chacun pourra continuer à se regrouper en association ou en entreprise avec ou sans but lucratif, autour d’une capital financier ou humain, pour exercer une activité marchande ou non, introduira une diversité de choix propice à un enrichissement mutuel que la démocratie par la négociation, permettra de réguler et de faire progresser. Le revenu de base renforcera notre volonté de faire société dans la diversité. En même temps, le fait de déconnecter le revenu de la seule activité marchande introduira un germe de changement que le corps social pourra intégrer sans rejet ni lutte excessive avec, à terme, l’assurance, comme tous les droits précédents, d’atteindre un revenu d’autonomie suffisant pour dire « oui » ou « non » à une activité marchande et entrer dans une société de l’émancipation pour préserver notre bien commun et étendre nos libertés individuelles.</p>
<p id="magicdomid839">Par son caractère « à vie », <strong>le salaire à vie, selon moi, reste un projet trop global, centralisé, faisant système et basé sur des rapports de force excessifs.</strong> Il ne peut faire gagner l’une des parties prenantes de notre société que contre la destruction d’une autre, ce qui appellera pour moi des processus forcément violents et non démocratiques pour contenir la réaction violente de ceux qu’ils voudront détruire et réduira notre volonté commune à faire société. Son engagement et ses perspectives sont clairement de rester à l’intérieur même d’une société de production dans laquelle, l’humain, producteur marchand et salarié pour l’éternité, restera lui une prothèse « à vie ». L’appareil de production marchand restera central. La nature et la Vie ne seront jamais que son support éternel. Le fait que ce soient les salariés ou les actionnaires d’une entreprise marchande qui décident, collectivement ce qui est valorisable ou pas en monnaie pour chacun, continuera à freiner la poursuite de l’émancipation humaine.</p>
<p id="magicdomid925">Il me tarde de pouvoir discuter de tout cela, dans un esprit de fraternité, avec Bernard Friot et les volontaires du salaire à vie. C’est dans une compréhension plus grande de nos différences que nous pourrons construire nos désaccords mais c’est aussi dans leur acception que nous pourrons, peut-être, voir émerger à vie une base commune et cela, mes ami-e-s, sera pour moi autant un salaire qu’un revenu.</p>
<hr />
<p>Pour prolonger le débat, le livre de Frédéric Bosqué sur <a title="revenu existence bosque" href="http://www.alternativeshumanistes.info">alternativeshumanistes.info</a></p>
<p title="Attribution License">Crédit photo <img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /> <a href="http://www.flickr.com/photos/savagecats/">savagecats</a> <img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Partage selon les Conditions Initiales" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_sharealike_small.gif" alt="Partage selon les Conditions Initiales" border="0" /> <a href="http://www.flickr.com/photos/46097950@N02/">BarbaraLN</a></p>
<p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/01/revenu-salaire-vie-friot/">Citoyen ou salarié à vie ? Analyse critique du &laquo;&nbsp;salaire à vie&nbsp;&raquo; de Bernard Friot</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></content:encoded>
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		<title>Et vous, que feriez vous si l&#8217;argent ne comptait pas ?</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Jan 2013 17:23:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie-Laure Le Guen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Argumentaire]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Si vous étiez libre de vivre comme vous l’entendez, en dehors de toute contrainte financière, à quoi ressemblerait votre vie? Revenudebase.info vous invite à un voyage en aller simple dans le champ des possibles.</p><p>Cet article <a href="http://revenudebase.info/2013/01/et-si-largent-ne-comptait-pas/">Et vous, que feriez vous si l&rsquo;argent ne comptait pas ?</a> est apparu en premier sur <a href="http://revenudebase.info">Réseau français pour le revenu de base</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Si vous étiez libre de vivre comme vous l’entendez, en dehors de toute contrainte financière, à quoi ressemblerait votre vie? Je vous invite à un voyage en aller simple dans le champ des possibles : celui du revenu de base.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Taxez-moi d’utopisme, d’optimisme invétéré ou même de folie pure si le cœur vous en dit : pour moi, les étiquettes ont leur place sur les pots de confiture, pas sur les rêves des humains. Je crois qu’il faut savoir s’extirper du quotidien, des défaillances observées de notre société, et retrouver un espace de rêve où s’échafaudent les réalités de demain.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Penser notre liberté est encore un luxe</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Si la crainte de manquer d’argent ne vous tenaillait plus, à quoi emploieriez-vous l’énergie ainsi dégagée ? Si vous ne dépendiez plus d’un salaire pour vivre,  seriez-vous où vous êtes actuellement, et auriez-vous les mêmes activités ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette vidéo nous invite fort brillamment à suivre ce raisonnement jusqu&rsquo;au bout et à s&rsquo;émanciper de la dictature du travail contraint :</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/YJuUq9wy6u4" height="315" width="560" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Au fond, la question soulevée est de savoir si nous vivons sous le couperet du prochain loyer, ou si nous avons la possibilité d’orienter notre existence dans la direction de nos talents et de nos convictions. <strong>C’est en fait poser la question du &laquo;&nbsp;pourquoi ?&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Parce que nous sommes conditionnés par les discours alarmistes et les schémas sociétaux rigides, penser cette liberté est encore un luxe. À la sortie du lycée, combien renoncent à leurs aspirations profondes, sacrifiées à l’autel des exigences du fameux marché du travail ? Combien voient leurs talents et leurs savoirs dénigrés pour ne pas avoir trouvé grâce aux yeux des employeurs ? Combien encore, se sentent obligés de conserver un emploi qui les mine de l’intérieur, parce qu’on leur fait croire qu’ils sont parmi les privilégiés ? Ce sont autant de rendez-vous manqués avec l’épanouissement de chacun.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette série de points d’interrogation serait vaine si nous nous en tenions là. Au lieu de ça, prenons le temps de nous réapproprier le futur.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Réinventer le futur : mode d’emploi</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La poursuite de la sécurité matérielle oriente la plupart de nos décisions, à commencer par les études et la profession choisie (ou subie). Au fil du temps, il devient difficile de se projeter au-delà de ce carcan.</p>
<p><img class="size-full wp-image-2367 alignnone" title="carcan" alt="carcan travail" src="http://revenudebase.info/wp-content/uploads/2013/01/carcan.jpg" width="690" height="478" /></p>
<p style="text-align: justify;">Je vous propose aujourd’hui de tenir la barre de votre propre navire et de braver  l’océan des alternatives. Imaginez un monde où le souci de l’argent ne serait plus au centre de vos préoccupations.</p>
<p style="text-align: justify;">Peut-être seriez-vous poète, inventeur, voyageur au long cours, père/mère de famille, ou tout cela à la fois. Peut-être choisiriez-vous à nouveau le même parcours ! La réponse vous appartient mais une chose est sûre: vous mèneriez une vie riche de sens et riche de sa valeur au sein de votre communauté.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour que l’avenir ressemble plus à ce fabuleux tableau imaginaire qu’à la noirceur des plans d’austérité annoncés, il est impératif de remodeler les fondements de la société.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un pas dans la bonne direction</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’instauration du revenu de base universel et inconditionnel n’éliminera pas d’un coup de baguette magique tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Cependant, en rétablissant l’autonomie de chaque personne et en <strong>reconnaissant la valeur de chaque individu</strong>, il contribuera à faire de vous et moi des acteurs à part entière du processus de décision. Nous aurons alors bien plus que nos rêves pour créer un monde plus beau.</p>
<p style="text-align: justify;">Oui, il est permis d’être optimiste, même « en temps de crise ». Il est même permis de croire que l’Homme, une fois libéré, déploiera ses trésors de créativité pour façonner un autre futur, plein de promesses.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors fermons les yeux un instant pour faire jaillir de notre imaginaire le monde des possibles. Nous risquons fort d’en sortir bouleversés, j’en conviens, mais le jeu en vaut bien la chandelle.</p>
<hr />
<p>Crédit photo: <img title="Attribution" alt="Attribution" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" border="0" /><img title="Noncommercial" alt="Noncommercial" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" border="0" /><img title="Share Alike" alt="Share Alike" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_sharealike_small.gif" border="0" /> <a title="monde meilleur revenu" href="http://www.flickr.com/photos/grapelli/3250320370/">grapelli</a> <img title="Paternité" alt="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" alt="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" border="0" /><img title="Pas de modification" alt="Pas de modification" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noderivs_small.gif" border="0" /> <a title="liberer travail" href="http://www.flickr.com/photos/kuzeytac/3484168920/">Kuzeytac</a></p>
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